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Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs, qui n'est plus membre du MRC depuis 2015. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En 2022, le MRC est devenu membre de la Fédération de la Gauche Républicaine avec quatre autres organisations politiques.

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Crise alimentaire et agriculture : place aux politiques agricoles


Changer en France, en Europe, dans le monde

 

Les anciens ministres de l’agriculture de gouvernements de droite et de gauche ont tenu ensemble la plume (Le Monde, 2 mai 2008, Méhaignerie, Nallet, Rocard, Vasseur) pour mobiliser contre la faim. « Instabilité des prix et concurrence débridée sont responsables de la crise », affirment-ils, ajoutant qu’il faut encourager les pays du sud à produire plus pour se nourrir et nourrir leurs concitoyens.

 

Ils s’appuient sur la situation de l’Europe après la guerre pour montrer la direction à prendre : développer les agricultures vivrières du Sud et réorienter les agricultures du Nord, en insistant sur l’interdépendance entre les deux. L’agriculture européenne doit donc s’inscrire, comme le demande l’ONU, dans « une nouvelle politique agricole mondiale ».

 

Certes, leur diagnostic est juste, mais par quels moyens les anciens ministres vont-ils atteindre leurs objectifs généraux ? « Il faudra une détermination politique farouche », affirment-ils, considérant que la présidence française de l’Union européenne sera l’occasion « de placer l’Europe au premier rang de cette belle bataille pour l’humanité ». C’est une belle phrase, mais on me permettra de douter de la volonté des dirigeants actuels européens de changer radicalement de priorité.

 

Nourrir les peuples est désormais perçu comme prioritaire sur la libéralisation du commerce. Le plus illustre des anciens ministres de l’agriculture, Edgard Pisani, est très clair sur le changement de priorité et il avance des propositions novatrices et réalistes. Voir l’article paru hier, 8 juin, sur ce blog Crise alimentaire et agriculture : des experts proposent des solutions.

 

Le moins qu’on puisse dire à propos de l’Union européenne, c’est qu’elle n’a pas intégré ce changement de priorité dans son bilan de santé de la Politique Agricole Commune (PAC). Selon l’article de Ouest-France, paru le 20 mai 2008, sous le titre « Réforme de la PAC : ce qui devrait changer », la Commission européenne veut « simplifier les subventions », les rendre « de plus en plus forfaitaires et indépendantes des marchés » (pour ne pas les perturber). Elle annonce la fin des quotas laitiers, en les vidant peu à peu de leur substance.

 

Le journaliste, Hervé Plagnol, commente ce qui va être « une foire d’empoigne ».

 

« L’ensemble représente une libéralisation indéniable de la politique agricole, stratégie qui pourrait être amplifiée lorsque les Vingt-sept discuteront, plus tard, de la politique agricole pour l’après 2013. A cette date, le pacte budgétaire pour l’agriculture, signé à l’instigation de Jacques Chirac en 2003, prendra fin.

Compte tenu de l’envolée des prix des produits agricoles, ces discussions pourraient s’avérer plus coriaces que prévu.

Certains pays, comme la Grande-Bretagne, en tirent argument qu’il vaut mieux abolir toute politique agricole car on peut laisser faire le marché ; d’autres, au rang desquels la France, estiment au contraire qu’une PAC est plus utile que jamais.

Elle doit, selon les Français, encourager la production qui n’est pas à la hauteur des besoins aujourd’hui, de même que réguler les prix qui deviennent de plus en plus aléatoires ».

 

Dans un article paru le 19 avril 2008 sur ce blog, j’avais reproduit le texte signé par ATTAC et la Confédération paysanne, intitulé « Les révoltes de la faim dans les pays du Sud, aboutissement logique de choix économiques et politiques désastreux ».

Michel Sorin appelle toutes les forces de progrès à s'unir face à la crise alimentaire - 19 04 08

Avant cette crise alimentaire, les politiques agricoles étaient bannies du vocabulaire des milieux économiques et financiers qui contrôlent les organisations internationales (Banque mondiale, Fonds Monétaire International, Organisation Mondiale du Commerce). Sous la pression des citoyens dans le monde, il est possible de peser en faveur d’une « réorientation profonde des modes d’organisation et des politiques agricoles et commerciales dans le monde ». C’est la tache qui nous incombe maintenant.

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