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Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs, qui n'est plus membre du MRC depuis 2015. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En 2022, le MRC est devenu membre de la Fédération de la Gauche Républicaine avec quatre autres organisations politiques.

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Crise financière : l'agriculture va en subir les conséquences


Le risque d’un cercle vicieux pour les agriculteurs

 

La crise bancaire, née aux USA, résulte de choix politiques irresponsables de la part des pouvoirs politique et monétaire de cette grande nation (voir Crise immobilière, crise financière, crise de confiance, les USA sur la mauvaise pente - 26 janvier 2008).

 

L’évolution du capitalisme, sous l’influence de l’idéologie néolibérale des années Reagan, est à l’origine de la contamination de cette crise à l’Europe et à tous les pays qui ont accepté la loi non écrite de la globalisation financière et de la mondialisation libérale.

 

L’Union européenne a adopté ces orientations et, avec l’accord des chefs d’Etat et de gouvernement, a même cherché à les inscrire dans un texte constitutionnel, en imposant aux peuples des règles qu’ils ne souhaitaient pas (le traité constitutionnel européen, qui n’a pas été ratifié par le peuple français).

 

Dans un éditorial de La Lettre économique d’octobre 2008, Thierry Pouch, responsable du Pôle Économie et Politiques Agricoles de l’APCA, a mis en évidence les « illusions perdues » des partisans de ces politiques libérales (voir Crise financière : une crise structurelle de l'ensemble du système - 14 octobre 2008).

 

Le successeur de Lucien Bourgeois, à la tête de ce service de l’Assemblée Permanente des Chambres d’Agriculture, indique dans un autre article de cette Lettre économique (voir http://paris.apca.chambagri.fr/repeco) ce que pourront être les répercussions de la crise financière sur l’agriculture française.

 

L’impact de la crise financière sur l’agriculture française

 

Le secteur agricole étant une composante importante de certaines des économies de l’UE, dont la France, la crise financière aura-t-elle des conséquences sur les résultats des exploitations ?

 

La question s’impose au regard des répercussions que cette crise occasionne déjà dans des secteurs clés comme l’automobile, mais surtout parce que l’agriculture fonctionne avec un taux d’endettement qui croît modérément depuis 1990. La crise financière, en pesant sur la rentabilité du système bancaire, va provoquer un assèchement du crédit aux entreprises et aux particuliers.

 

En découlera assez vite un rationnement du crédit auquel s’ajoutera une montée du coût du crédit pour les exploitations qui contracteront des emprunts bancaires, destinés soit à l’installation, soit aux investissements productifs.

 

L’endettement moyen des exploitations agricoles professionnelles a augmenté modérément entre

1990 et 2006. Exprimé en termes constants, c’est-à-dire hors inflation, cette croissance de l’endettement des exploitations n’a été que de 2% l’an, et s’est fixé en moyenne à 125 000 euros.

 

Il s’agit essentiellement d’un endettement sur long terme, correspondant aux dépenses structurelles de l’exploitation. Les exploitations agricoles ayant contracté des emprunts s’étalant sur longue période sont d’« orientation élevages » (porcins, volailles et bovins mixtes), et concernent ensuite les producteurs de vins.

 

Par ailleurs, ce sont les unités de grande dimension économique qui sont les plus endettées. Il ressort qu’en 2006, le taux d’endettement des exploitations (dettes sur total des actifs détenus), s’est élevé à 37%, et a représenté également 37% de l’excédent brut d’exploitation. Il peut dépasser 40% pour les éleveurs de porcins et de volailles.

 

Les agriculteurs ont, en 2006, versé pour 1,7 milliard d’euros d’intérêts, au titre de leurs emprunts. Avec le durcissement de la politique monétaire dans la zone euro (rationnement quantitatif des crédits et hausse des taux d’intérêt), les exploitants sont désormais exposés à une augmentation de leurs charges d’intérêt, alors qu’elles avaient eu tendance à baisser depuis le début de la décennie quatre-vingt-dix.

 

Concernant les crédits à court terme, y compris ceux établis par les fournisseurs des exploitations, la crise financière est porteuse d’un alourdissement des conditions offertes pour le paiement des intrants. Les fournisseurs situés en amont du secteur agricole répercuteront le coût du crédit bancaire qu’ils supportent eux-mêmes.

 

Un cercle vicieux pourrait par conséquent s’enclencher. Cercle vicieux d’autant plus probable que l’assèchement des liquidités bancaires toucherait également des ménages dont le pouvoir d’achat est atone. La baisse escomptée de la demande des ménages, y compris sur les produits alimentaires transformés, rétrécirait ainsi les perspectives de débouchés pour les agriculteurs.

 

Les effets probables de la crise financière se cumuleront avec l’envolée récente des prix des matières premières dont les producteurs de viandes ont senti les impacts. Le coût des aliments pour le bétail a en effet augmenté jusque la fin du second semestre 2008. Le tableau s’assombrit encore davantage si l’on évoque l’état des finances publiques en France.

 

Le déficit budgétaire est proche des 3% autorisés par le Traité de Maastricht, laissant l’économie française sans véritable marge de manoeuvre quant à des versements d’aides aux agriculteurs qui seraient touchés par la crise, et ce, contrairement à des pays dont les finances publiques sont à l’équilibre, comme en Allemagne.

 

Quelle serait alors la planche de salut pour l’agriculture française ? Si le revenu agricole devait subir le contre-choc monétaire de la crise financière, nul doute que c’est par la voie du commerce extérieur que les exploitants amortiraient les conséquences néfastes de la crise actuelles.

 

Les performances enregistrées dans les échanges commerciaux agroalimentaires au cours du premier semestre 2008 ont pulvérisé celles de l’année précédente. Le solde commercial sur les sept premiers mois a en effet augmenté de 9,5%, se fixant à 5, 6 milliards d’euros contre 5,1 en 2007. Le fait significatif est que le solde commercial des produits agricoles a doublé en un an,  dépassant désormais le milliard d’euros.

 

Pour que le commerce extérieur agroalimentaire prenne le relais d’un marché intérieur atone, le taux de change de l’euro ne doit pas trop s’apprécier par rapport au dollar, et le ciblage des marchés sur lesquels il est encore possible d’exporter devra être stratégique, car les pays producteurs concurrents de la France, s’inscrivant dans un contexte similaire de crise, chercheront à écouler leurs produits agricoles et alimentaires sur les mêmes marchés solvables. La concurrence risque d’être rude sur les marchés émergents.

 

Voir aussi les articles parus sur ce blog sous la rubrique AGRICULTURE et PAC.

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