Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs, qui n'est plus membre du MRC depuis 2015. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En 2022, le MRC est devenu membre de la Fédération de la Gauche Républicaine avec quatre autres organisations politiques.
Par SORIN Michel
Alliance avec le PCF aux élections européennes
La décision de Jean-Luc Mélenchon de quitter le PS n’était pas une surprise. Il me l’avait laissé entendre lors de sa venue à Laval le 23 octobre dernier (voir Mélenchon jette les bases d'un nouveau parti de gauche à l'allemande - 8 novembre 2008).
Depuis longtemps, et surtout depuis la campagne référendaire européenne en 2005, il militait en marge du PS, au sein de l’association politique Pour La République Sociale (PRS) qu’il préside.
Pourquoi cette décision maintenant et pour quoi faire ? Les élections européennes approchent et l’idée de faire liste commune avec le PCF a fait son chemin. Elle a reçu l’appui de groupes et de personnalités (Mars-Gauche républicaine - Eric Coquerel ; Claude Debons ; Unir, minorité de la LCR - Christian Picquet) qui refusaient les traités européens, notamment le projet constitutionnel et le traité de Lisbonne, et voulaient s’engager dans la construction d’un nouveau parti à la gauche du PS.
Alain Gély, responsable du MRC dans le 14ème arrondissement de Paris, m’avait adressé ses réflexions concernant le congrès du PS (voir Congrès du PS : les réflexions d'Alain Gély (président MRC Paris 14e) - 19 novembre 2008).
J’avais séparé ce qui concernait l’initiative de Jean-Luc Mélenchon de créer le parti de gauche afin de le réintroduire dans un autre article. Voici des extraits de ce texte.
Les questions d’Alain Gély relatives à l’initiative Mélenchon-Dolez
La création annoncée d’un « parti de gauche » par Dolez et Mélenchon a été un des événements remarqués en marge du congrès du PS. Pour tenter d’en apprécier la portée, formulons quelques remarques, plutôt interrogatives qu’affirmatives, d’abord sur les aspects tactiques, ensuite sur les aspects stratégiques avant d’évoquer la question électorale :
- Pourquoi maintenant ? Il est un peu surprenant de voir Mélenchon, qui était resté au PS après le virage libéral de 1983, la guerre du Golfe de 1991, le vote Maastrichtien de 1992, les votes TCE de 2005 et 2008, s’en aller aujourd’hui (…).
- La question principale est donc : doit-on, peut-on construire un « Die Linke » en France, puisque telle est l’ambition affichée des initiateurs du « parti de gauche » ? Il y a sans aucun doute des attentes dans ce sens au sein de la population et chez les militants de gauche, surtout au moment où l’idéologie libérale semble vaciller.
L’idée de constituer un rassemblement des partis de « gauche acceptant de soutenir un gouvernement voire d’y participer » correspond à un réel besoin. Faut-il pour ceci créer un nouveau parti, ou de nouveaux partis à côté de ceux qui existent déjà (PS, PCF, Verts, MRC, PRG…) ou amorcer des convergences partielles ? Éventuellement. Établir des contacts avec la « gauche de gauche » allemande est certainement une nécessité.
En revanche, importer purement et simplement Die Linke en France ne semble pas crédible : la configuration institutionnelle est très différente en Allemagne et en France (Etat fédéral et régime parlementaire, cogestion…) ; idem pour l’arc politique (cinq partis dont deux et demi de gauche, en comptant les Grünen pour moitié à gauche). Il faudra voir quelles seront les structures, le programme et les alliances proposées par ce nouveau parti. En tout cas, des actions communes et un dialogue avec eux ne sont pas à rejeter.
- Mais pour quelles perspectives électorales ? Il faut bien les évoquer même si on ne réduit pas l’activité politique à la préparation des élections. Il faut ici distinguer les présidentielles et les européennes.
o Pour les présidentielles, on ne peut confondre les réticences légitimes vis-à-vis du « présidentialisme » qui ronge les partis démocratiques avec la possibilité qu’il y aurait d’abandonner l’élection du président de la République au suffrage universel ; tout indique que le peuple y tient, en dépit des déconvenues que cela a pu lui apporter... Accepter ce type de désignation du président sans verser dans le bipartisme, tel est l’enjeu. On ne développera pas ici, mais la voie est à rechercher du côté d’une clarification des rôles respectifs du pouvoir législatif et du pouvoir exécutif, de l’articulation possible entre une action gouvernementale et un mouvement populaire.
o Pour les européennes, quel « programme commun » ? Reconstituer le non de gauche ? S’il s’agit d’accentuer la pression sur le PS, ce peut être utile. Si l’on prétend constituer un « parti de gauche » européen présent dans plusieurs pays, c’est tentant mais cela semble vraiment très ambitieux. Peut-on construire un tel parti en quelques mois ?
Cet article est le 83ème article paru sur ce blog dans la catégorie Gauche France 2007-08
Eclipse Next 2019 - Hébergé par Overblog