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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs (celui-ci a souhaité s'éloigner du MRC en 2015). Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En février 2019, le MRC a co-fondé la Gauche Républicaine et Socialiste (GRS), en continuant d'exister, au moins jusqu'à son prochain congrès, en décembre 2020.
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11 août 2008 1 11 /08 /août /2008 19:44

Lafontaine en Sarre pour une coalition de gauche

 

L’Allemagne est, à son tour, touchée par l’inflation et le ralentissement de la croissance, un mal qu’on nomme stagflation. Certes, son excédent commercial reste phénoménal, comparé au déficit français, mais les effets de la crise financière se font aussi sentir, comme ailleurs en Europe. Le quotidien économique La Tribune exprime, ce 11 août, ses craintes à ce sujet :

 

Encouragés par le débat récurrent sur le pouvoir d'achat et le niveau élevé de l'inflation, les syndicats allemands restent déterminés à obtenir d'importantes augmentations de salaires. IG Metall veut faire profiter les salariés du retour de la croissance outre-Rhin depuis 2006.

 

La crise énergétique constitue un autre élément qui suscite l’inquiétude et grossit les clivages politiques, en Allemagne comme ailleurs en Europe. Le quotidien Le Monde se fait l’écho, ce 11 août, des divergences au sein de la coalition au pouvoir, notamment au sein du SPD, sur la décision de faire appel, ou non, à l’énergie nucléaire.

Avec la crise énergétique, l'Allemagne remet en question la sortie du nucléaire

 

Cette remise en cause ne se limite pas aux questions énergétiques. Le bilan des réformes de l’ère Schröder est critiqué par une partie des militants de gauche. Le Monde titrait, le 7 août dernier :

 

Le SPD allemand se déchire sur le bilan des réformes menées sous l'ère Schröder

 

Les sociaux-démocrates allemands n'ont pas fini d'étaler leurs divisions au grand jour. La procédure d'exclusion engagée à l'encontre d'un membre éminent du SPD, Wolfgang Clement, puissant ministre de l'économie et du travail sous l'ex-chancelier Gerhard Schröder, vient raviver la chronique de ces désaccords à un an des élections législatives.

Tiraillé entre sa gauche et sa droite, au plus bas dans les sondages, le SPD, partenaire des unions chrétiennes-démocrates (CDU/CSU) au sein du gouvernement de grande coalition, n'avait vraiment pas besoin de ce nouvel épisode (…).

 

L'aile droite du SPD redoute l'impact de ces querelles sur les adhérents. Confronté à une baisse de ses effectifs depuis des années, le plus ancien parti allemand s'est fait dépasser pour la première fois par la CDU fin juillet (…).

D'ores et déjà, les sondages ne donnent aucune chance aux sociaux-démocrates et à leur leader, Kurt Beck, ministre-président de Rhénanie-Palatinat, contre la chancelière Angela Merkel (CDU) aux élections de 2009. Seul un électeur sur quatre voterait pour le SPD, selon un récent sondage TNS Forschung. Face à lui, Die Linke, un parti de gauche radicale rassemblant les déçus de la social-démocratie et les héritiers du Parti communiste d'ex-Allemagne de l'Est, ne cesse de gagner des points (…).


Le coprésident de Die Linke, Oskar Lafontaine, annonce sa candidature en 2009 aux élections en Sarre, avec la ferme intention de rassembler la gauche et de préparer l’union de la gauche au niveau national. Voici l’article paru ce 11 août sur le site du Monde et sous la signature de Marie de Vergès.

 

Le retour en Sarre d'Oskar Lafontaine sous les couleurs de Die Linke


L'ancien président des sociaux-démocrates allemands, Oskar Lafontaine, tente son grand retour dans la Sarre, mais sous une autre casquette. C'est sous les couleurs du parti de la gauche radicale Die Linke, dont il est coprésident, qu'il entre en campagne pour se faire réélire comme ministre-président de cette région frontalière de la France, fonction qu'il a déjà occupée pendant treize ans.

M. Lafontaine avait dirigé la Sarre entre 1985 et 1998 jusqu'à son entrée en 1998 dans le gouvernement Schröder, qu'il a quitté avec fracas quelques mois plus tard, démissionnant de toutes ses fonctions politiques, y compris de la tête du SPD. Depuis 1999, le Land est gouverné par le chrétien-démocrate Peter Müller (CDU), solidement réélu en 2004.

La candidature d'Oskar Lafontaine a été officialisée samedi 9 août à l'occasion du congrès régional de Die Linke dans la Sarre, à Neunkirchen, sous les "hourras" des militants. L'ambition de l'enfant terrible de la gauche allemande est claire : prendre la tête de la première coalition rassemblant le SPD et Die Linke dans une région de l'ouest de l'Allemagne. Une telle combinaison, qui divise profondément le SPD à un an des législatives de 2009, n'existe aujourd'hui qu'à Berlin.

Créé en juin 2007, le parti Die Linke rassemble les déçus de la social-démocratie et les héritiers du Parti communiste de l'ex-RDA. Cette année, il a confirmé son implantation en Allemagne de l'Ouest, entrant dans les parlements régionaux de Hesse, Basse-Saxe et Hambourg. Cette percée bouleverse le jeu des coalitions et a provoqué une crise au sein du SPD, allié à la droite au sein du gouvernement de grande coalition d'Angela Merkel.

Les élections en Sarre, en 2009, devraient constituer un test sur la capacité de Die Linke à fédérer ses voix avec le SPD. Ce scrutin régional aura une "signification politique au niveau fédéral", a assuré samedi M. Lafontaine.

Reste à savoir quelle stratégie choisiront les sociaux-démocrates. Aucun d'eux n'a oublié les conséquences de la sécession de leur ancien président qui a quitté le SPD en 2005 pour participer à la création de Die Linke. Le chef du SPD en Sarre, Heiko Maas, a exclu de participer à une coalition dirigée par M. Lafontaine mais a laissé planer le doute sur la possibilité d'une alliance "rouge-rouge". Crédité de 12 % à 13 % d'intentions de vote au niveau fédéral, Die Linke recueillerait dans la Sarre la voix de près d'un électeur sur cinq, selon les derniers sondages.


Sur ce même sujet, sont déjà parus sur ce blog les articles suivants :

26 03 08 - Le parti social-démocrate allemand (SPD), divisé sur le choix des alliances pour gouverner

27 02 08 - La social-démocratie européenne très concernée par les choix du SPD en Allemagne

29 0108 - Elections régionales en Allemagne : la gauche radicale entre au parlement de Hesse


Sur le site de Marianne, le 9 août dernier, Edouard Husson évoquait les problèmes du SPD, en soulignant l’incapacité de la gauche allemande à proposer une politique commerciale européenne qui ne soit ouverte qu’aux pays respectant une concurrence loyale. Lire Ma semaine allemande : le SPD en échec.

Les difficultés de la gauche en Allemagne, ses divisions et ses hésitations stratégiques, renvoient à celles de la gauche en France. J’y reviendrai prochainement.

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