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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine autour des idées de Jean-Pierre Chevènement. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens après les élections de 2002.
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22 septembre 2012 6 22 /09 /septembre /2012 22:51

Plan A, plan B, que faire pour sortir la zone euro de l’impasse ?

 

L’université d’été 2012 du Mouvement Républicain et Citoyen s’est terminée dimanche midi 16 septembre par le discours du président du MRC (voir La conclusion par Jean-Luc Laurent de l'université d'été MRC à Belfort - 19 septembre 2012).

 

Auparavant, Marie-Françoise Bechtel, députée de l’Aisne avait animé la 4ème table ronde dans laquelle est intervenu Jean-Pierre Chevènement. Voir Université d'été du MRC : Marie-Françoise Bechtel et l'idée républicaine - 20 septembre 2012.

 

La veille, samedi 15 septembre, étaient organisées trois tables rondes (voir Programme de l'université d'été MRC les 15 et 16 septembre à Belfort - 13 septembre 2012), dont la 3ème animée par Catherine Coutard (voir Jean-Yves Autexier et Jean-Philippe Huelin à l'université d'été du MRC - 21 septembre 2012).  

 

La 2ème table ronde, samedi en début d’après-midi, était annoncée ainsi :


Universite-d-ete-MRC-Belfort-15-et-16-09-12-007-T.jpg13h45-15h15 : Table ronde n°2 - Quelles réponses économiques et politiques pour sortir l'Europe de l'impasse?

L’euro arrive au terme de ses contradictions constitutives. La crise de l’euro fait resurgir un dilemme qui nous renvoie à la naissance de la monnaie unique : les uns préconisent une plus forte intégration politique et le fédéralisme budgétaire, les autres le retour au terreau démocratique des nations. La crise politique parait inéluctable : si les peuples semblent vouloir rester dans la zone euro, ils refusent les réformes structurelles qui sont assorties aux différents plans de sauvetage qui ont été concoctés. Les démocraties européennes, et à travers elles, la volonté des citoyens, sont-elles en passe d’être mises sous tutelle ? Le fédéralisme offre-t-il une perspective de sortie de crise ? Faut-il maintenir la monnaie unique et à quel prix ?
Intervenants :
Julien Landfried, secrétaire national du MRC
Christophe Ramaux, professeur d’économie à Paris
Barbara Romagnan, députée PS du Doubs, animatrice de “Un monde d’avance”

En fait, cette table ronde (photo, de gauche à droite : Christophe Ramaux, Yves Le Hénaff, Julien Landfried, Barbara Romagnan) a duré deux heures, de 14h20 à 16h20, avec la participation également de Yves Le Hénaff, secrétaire national MRC, et l’intervention, dans la salle, de Jean-Pierre Chevènement.

 

Introduction par Julien Landfried (qui aura peut-être une seconde chance d’être élu député des Hauts-de-Seine, si l’annulation probable de l’élection du sortant, Patrick Devedjian, est décidée par le Conseil constitutionnel, prochainement).

L’euro a été mal pensé, il a un défaut de conception. Nous avons été contre le traité de Maastricht (1992) et le traité constitutionnel européen (2005). S’agit-il d’une crise de la dette ou d’une crise de l’euro ? Avant l’élection présidentielle 2012, nous avions proposé un plan A (que nous avions en commun avec les fédéralistes européens, mais que penser du « saut fédéral » ?) et un plan B (voir l’intervention de Bruno Moschetto, lors de la 1ère table ronde). La Grèce a perdu 17,5 % de son PIB en deux ans. Question posée à Jean-Pierre Chevènement : les plans A et B sont-ils toujours d’actualité ?

 

Christophe Ramaux

Christophe Ramaux est économiste. Chercheur au Centre d'économie de la Sorbonne, il enseigne à l'Université Paris 1. Il est membre du Conseil scientifique d'Attac et du collectif d'animation des « Economistes atterrés ». Il a publié (en mars 2012 aux Editions Mille et une nuits - Fayard), L'Etat social. Pour sortir du chaos néolibéral.

Son intervention commence par un extrait de son dernier livre. Les 4 piliers de l’Etat social, au 20ème siècle, étaient la sécurité sociale, le droit du travail, les services publics et la politique économique. Nous sommes dans une économie avec du marché, du capital et de l’intervention publique. Le fondement de l’Etat social est la démocratie. En France, nous avons une économie capitaliste (52 % des salariés sont dans des entreprises de statut privé, 30 % public), et un Etat qui n’est pas social.

Le néolibéralisme (finance dérégulée, libre-échange, baisse des salaires, contre-révolution fiscale), qui est le projet porté par l’Europe, a été une remise en cause de l’Etat social depuis le début des années 1980. Ce système n’est pas viable, même s’il a été sauvé par l’endettement public, qui a pris le relais de l’endettement des banques. On a assisté en 2007 à la fin du néolibéralisme.

En Europe, nous avons eu la double peine : le néolibéralisme et la mondialisation (avant tout, celle du capital), qui a contrecarré l’Etat social et la démocratie. La crise néolibérale (2007-2008) a été le prétexte en Europe pour aller plus loin dans la finance libéralisée et la contre-révolution fiscale.

La création de l’euro est à l’origine des déséquilibres commerciaux (la vraie crise, interne à la zone euro, est liée aux excédents allemands). Les dettes publiques ont pris le relais, en 2008, des dettes privées.

Les politiques d’austérité ne marcheront pas. Elles débouchent sur la déflation interne à la zone euro et conduisent à la catastrophe. Le fédéralisme budgétaire n’est pas viable. Il faudrait qu’il y ait un peuple européen, ce qui n’est pas le cas. Rien à voir avec le Limousin et l’Ile-de-France. On ne sauvera l’euro que par des politiques de relance interne (« inflation interne »), c’est-à-dire l’inverse de ce qui a été prévu pour l’euro. On va, donc, vers l’explosion de l’euro, celui-ci devenant monnaie commune.

Que penser du « saut fédéral » ? Actuellement, en France, la dépense publique est à hauteur de 1 100 milliards d’euros (56 % du PIB). La moitié est reversée aux ménages, l’autre moitié allant vers les fonctionnaires. 42 % du revenu des ménages est socialisé (il est productif, car cela rentre dans la consommation des ménages). « Economiste atterré », je ne suis pas fédéraliste. Mais je suis pour multiplier par 3 le budget européen. Quels sont les secteurs d’activité qui pourraient être gérés par des agences européennes ? L’Etat social est toujours présent et d’actualité. Le néolibéralisme a failli, mais par quoi le remplacer ? L’investissement public doit se tourner vers l’écologie.

En réponse aux questions, l’économiste se prononce pour l’inflation, car la déflation menace l’Europe (scénario de déflation à la japonaise). Le principal problème pour les entreprises, ce sont les débouchés (durcir l’austérité, c’est l’impasse). Les évènements obligeront à trouver des solutions. Pour un économiste hétérodoxe, le projet de budget 2013 de la France fait très mal. L’administration de Bercy est convertie aux dogmes néolibéraux, à tel point que le FMI en vient à donner des leçons… Le TSCG, c’est grave, mais le budget, c’est aussi grave.

 

Yves Le Hénaff

Crise de la dette ou crise de l’euro ? Ce n’est pas une crise de la dette, qui n’est pas plus importante qu’il y a 10 ans (compte tenu de la baisse des taux d’intérêts). Ce n’est pas une crise de l’euro, la zone euro étant à l’équilibre et il n’y a pas de défiance à l’égard de l’euro. C’est un problème de cohérence au sein de la zone euro, à l’origine d’un manque de confiance.

Plan A : personne ne prendra politiquement la responsabilité de débrancher l’euro, qui est sous assistance artificielle (il est mourant après chaque rémission). François Hollande a obtenu environ 100 milliards d’euros pour relancer l’économie. Ce n’est pas à l’échelle des enjeux. Le problème est celui de la cohérence de la monnaie unique. Schröder, en 2003, a fait des choix non coopératifs afin d’accroître la compétitivité de son pays. L’Allemagne a exporté son chômage dans la zone euro. Le chômage en Allemagne a baissé (il est à 5 %) mais les salaires allemands sont encore les plus élevés d’Europe. L’erreur, c’est d’avoir une politique unique. Le marché commun de 1958 a été étendu aux facteurs de production, mettant les peuples en concurrence. Cela s’apparente à une déclaration de guerre économique. Avec l’entrée de la Chine dans l’OMC, cela donne un panel explosif.

Plan B : la monnaie commune est-elle la réponse pertinente ? Il y a d’autres pistes à expérimenter. Le comité de Bâle laisse la possibilité d’utiliser des instruments nationaux. S’ils étaient appliqués, il y a moyen d’avoir une politique monétaire réactive. On peut aussi réutiliser les réserves obligatoires par pays, qui sont tombées en désuétude. Il existe des réponses techniques. Dans le passé, ont été mis en place des montants compensatoires monétaires, qui sont, certes, contraires à l’esprit de la monnaie unique mais, s’ils avaient été appliqués à la Grèce, auraient pu corriger les déséquilibres.

Il manque la volonté politique. Le mot nation choque. La monnaie unique est là pour qu’il n’y ait plus de politiques nationales. Il y a nécessité de réconcilier les nations et l’Europe. Les européistes ne se rendent pas compte de ce qu’ils ont fait en décidant du marché unique et de la monnaie unique. Leur démarche s’apparente à celle du Docteur Folamour…

Il faut adopter des politiques nationales dans le cadre de la monnaie unique. Autrement dit, l’euro doit être coordonné et négocié. Sinon, nous n’éviterons pas des phases de chaos.

 

Universite-d-ete-MRC-Belfort-15-et-16-09-12-011-T.jpgBarbara Romagnan

Elue en 2012, députée du Doubs (Besançon), adhérente du PS depuis 1995, elle avait voté contre le TCE en 2005 et votera contre le TSCG en 2012. Mais elle votera le budget 2013.

L’Europe est un cadre pertinent. Mais son rejet par les peuples, notamment les couches populaires, est largement fondé, car elle ne fait rien pour lutter contre la mondialisation libérale. François Hollande a fait évoluer l’Europe. Il y a des avancées (pacte de croissance) mais ce n’est pas suffisant. Ce traité est très mauvais. Le problème est l’aggravation de la situation sociale. L’austérité ne résout rien. La dette est un vrai problème mais le rythme de résorption de la dette, imposé à la Grèce, n’est pas supportable. Et il y a un problème de légitimité démocratique (dessaisissement du pouvoir national démocratique au profit d’instances non élues). Les statuts de la BCE doivent être remis en cause.

Au sein du PS, Barbara Romagnan anime le groupe « Un monde d’avance » dont les leaders sont Benoît Hamon et Henri Emmanuelli. Des contacts ont été pris avec d’autres groupes en Europe, dont un groupe de 23 députés SPD allemands, qui sont contre le traité. Il faut continuer à agir contre le traité, même quand il sera adopté. L’objectif est de préparer les élections européennes et de promouvoir des idées, pas des personnalités.

 

Universite-d-ete-MRC-Belfort-15-et-16-09-12-012-T.jpgJean-Pierre Chevènement

Présent dans la salle, Jean-Pierre Chevènement répond à la question de Julien Landfried concernant la pertinence des plans A et B qu’il avait proposés pendant la campagne présidentielle.

Le plan A est toujours pertinent. La monnaie unique créée en 1999 est considérée comme un acquis mais elle est en crise, car elle a été mal conçue. Une même monnaie pour 17 pays, ce n’est pas viable. Il y a un vice interne rédhibitoire. Même entre la France et l’Allemagne, cela ne marche pas, la France ayant besoin de dévaluer sa monnaie pour compenser un manque de compétitivité. En 2011, 240 milliards d’euros d’excédents commerciaux pour l’Allemagne, 70 milliards de déficits pour la France. L’Espagne, c’est pire. L’euro, c’est une erreur technique. L’Allemagne le voulait. Le Royaume-Uni voulait une monnaie commune. Le choix s’est fait au « doigt mouillé »…

Les mesures Draghi sont de la poudre aux yeux. On a l’impression d’une démarche erratique et titubante. Elles achètent un répit afin de satisfaire l’orthodoxie ordo-libérale allemande, avant un futur ènième sauvetage de l’euro. En les lisant attentivement, on voit : rachats illimités mais dans des conditions de durée - 3 ans -  défavorables, conditions draconiennes d’ajustement structurel liées aux demandes d’aides, plans d’encouragement limités à 10 %, le reste étant à la charge de l’Etat…. Les réserves réelles de fonds MES sont la moitié de ce qui était annoncé (250 milliards au lieu de 500). Dans le cas de l’Italie (dette : 2 000 milliards d’euros), il lui faudrait emprunter un tiers de la dette chaque année (plus de 600 milliards). La dette restant à la charge des Etats en difficulté augmenterait. On mesure la fragilité du dispositif.

Ce traité est inacceptable. Nous avons une référence : le texte MRC-PS (9 mars 2012). La marge de manœuvre de François Hollande est faible. Il faut lui donner du temps. Le plan A, compte tenu de la position allemande, a du plomb dans l’aile. L’Allemagne se sent bridée par la zone euro. Elle devra choisir entre sa politique de compétitivité au niveau mondial (conquête des grands marchés émergents) et le besoin qu’elle a de la zone euro. Récemment, en Chine, Mme Merkel n’évoquait que la coopération Allemagne-Chine. L’Europe n’existait plus.

Plan B ? Si l’Allemagne reste sur cette ligne, il faudra trouver une voie de sortie à l’euro - monnaie unique, vers l’euro - monnaie commune. Cela permettrait d’intégrer la livre, qui ne va pas bien. Certes, ce plan B est indicible pour le gouvernement, mais il est dicible pour les parlementaires. Nous essayons de faire bouger les lignes, afin de ne pas rester à une invocation de la croissance.

 

Cet article est le 109ème paru sur ce blog dans la catégorie MRC national.

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Published by SORIN Michel - dans MRC national
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