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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs (celui-ci a souhaité s'éloigner du MRC en 2015). Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En février 2019, le MRC a co-fondé la Gauche Républicaine et Socialiste (GRS), en continuant d'exister, au moins jusqu'à son prochain congrès, en décembre 2020.
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17 septembre 2008 3 17 /09 /septembre /2008 17:09

Une commission pour faire accepter la privatisation

 

J’ai déjà évoqué sur ce blog cette question très importante (voir La Poste, service public, se prépare à servir des capitaux privés - 26 juillet 2008 et Comité de liaison de la gauche : nouvelles décisions communes - 3 septembre 2008).

 

Voici le projet de texte qui sera proposé à la signature des organisations syndicales, associatives et politiques (voir liste, plus loin), dans le but de mettre sur pied un comité appelant à un débat public et à un referendum contre la privatisation de la Poste. Quelques modifications sont encore possibles, lors d’une réunion ce soir à la Bourse du travail, avant sa présentation à la presse demain.

 

Note concernant le MRC : les amendements proposés par Jean-Claude Chailley, au nom du MRC, n’ont pas été adoptés. Ils visaient à souligner les responsabilités des institutions européennes dans le processus de privatisation de La Poste, la directive européenne et l’ouverture du capital étant liés, la première étant à l’origine d’une grande partie de la seconde.

 

Appel à la mobilisation :

· contre la privatisation de La Poste,

· pour un débat public et un référendum sur le service public postal.

 

Les organisations syndicales, politiques et associatives signataires affirment que le service public postal appartient à tous les citoyens, c'est pourquoi elles demandent l'organisation d'un vrai débat public permettant l'implication des citoyens. Ils doivent pouvoir décider de l'avenir de La Poste par un référendum.

 

Sacrifiant l'intérêt général à l'aventure spéculative, le Gouvernement soutient le projet, annoncé brutalement début juillet, de transformation de La Poste en société anonyme et d'ouverture de son capital.

 

Quand on regarde ce qui s’est déjà passé en France, notamment avec France Télécom, EDF et GDF, ainsi qu'à l’étranger, cela s’appelle une privatisation. Nous la refusons !

 

Il s’agit d’une offensive sans précédent contre « le noyau dur du service public ». C’est une attaque contre un symbole cher à l'ensemble de la population. C'est une attaque contre une réalité vécue, celle d’un service ouvert à tous, efficace, garant de proximité et jouant un rôle social essentiel. Que deviendraient les plus fragiles ou les plus isolés de nos concitoyens en cas de banalisation de La Banque Postale, de réduction de tournées de facteurs, de fermeture massive de bureaux de poste ?

 

L'ensemble des organisations syndicales, politiques et associatives signataires :

· entendent s'opposer résolument à la privatisation de La Poste. La mobilisation de toutes et de tous doit contraindre le Gouvernement à y renoncer.

· exigent que le service public soit maintenu, modernisé et rénové afin de répondre aux besoins de la population sur l'ensemble du territoire.

 

La Poste ne doit pas être une entreprise comme les autres. Sa vocation première, sa raison d’être c’est le service public. La Poste est un « service public national » qui est « la propriété de la collectivité », selon le préambule de la Constitution. Ce même texte définit l'égalité des droits et des devoirs, sans distinction d'origine ni de religion. Pour tous et partout, le droit à la communication, le droit à l'adresse, le droit au compte et l'accessibilité bancaire doivent figurer au premier rang des missions de La Poste.

 

Il est impensable que l'on puisse décider de son avenir, de la transformer radicalement sans consulter ses véritables propriétaires, les citoyens ! Sur ce sujet vital, la réflexion et la décision ne peuvent être réservées à tel ou tel cercle, aussi avisé qu’il se prétende.

 

Il est légitime que la population, élargissant ainsi les nécessaires mobilisations des postières et des postiers, puisse débattre largement et s’exprimer directement. Si la démocratie c’est la liberté de choisir, encore faut-il que le choix soit possible. Il est juste que les citoyens, propriétaires et usagers de La Poste, les élus locaux et le monde associatif et bien sûr les postières et les postiers et leurs syndicats puissent défendre leur conception du service public. Ils sont, au-delà de la critique, à même de proposer une voie alternative à celle qu’on cherche à leur imposer au nom d’une prétendue fatalité.

 

D’autant que, partout en Europe et dans le monde, les privatisations postales ont engendré baisse de qualité de service, augmentation des tarifs et destructions d’emplois.

L’article 11 de la Constitution révisée ouvre le droit d’initiative citoyenne. Les citoyens doivent pouvoir décider de l'avenir de La Poste par référendum.

 

C’est pourquoi nous créons le Comité national de mobilisation contre la privatisation de La Poste, pour l'ouverture d'un débat public et un référendum sur le service public postal.

Ce Comité est constitué des représentants des organisations syndicales, politiques et associatives déjà signataires et à venir. Il appelle à créer dans tout le pays des comités locaux, ayant pour but de rassembler toutes celles et tous ceux qui souhaitent atteindre ces objectifs.

 

*  SUD PTT, FO, CFTC, CGT, FSU, SOLIDAIRES, Marches Européennes, Fondation Copernic, PS, PC, Les VERTS, LCR, MRC, Alternative Libertaire, Mouvement Pour l’Education Populaire, Comité de Défense des Services Publics 75, Convergence pour les Services Publics, AITEC – IPAM (Initiative pour un autre monde), ATTAC, MARS Gauche Républicaine, Coordination des Collectifs Unitaires Anti Liberaux, AFOC, UFAL, Mouvement des Jeunes Socialistes, Droit Au Logement.

 

Ayant senti venir le vent de la mobilisation, le président de la République a fait savoir, ce jour, par un communiqué, sa décision de créer une commission, qui devra rendre un rapport pour «évaluer l’impact sur La Poste» de l’ouverture complète à la concurrence au 1er janvier 2011, et les «différentes options envisageables pour le développement de l’entreprise».

 

Voici la dépêche de l’AFP, reprise par Libération.

 

Statut de La Poste: Sarkozy met en place une commission

Un communiqué de la CGT-FAPT a immédiatement suivi l’annonce du président de la République (extraits).

 

Agir plus fort le 23 septembre contre la privatisation et pour un service postal public moderne et rénové

 

L’annonce par le président de la République de la mise en place d’une commission sur La Poste, composée de parlementaires, d’élus locaux, de personnalités qualifiées, de représentants des organisations syndicales, de La Poste et de l’Etat. La mission de cette commission serait d’examiner « les différentes options pour le développement de l’entreprise et les moyens qu’elles exigent ». Tout cela nous conforte dans l’idée que le gouvernement est tenu à une grande prudence sur ce dossier particulièrement sensible.

 

C’est aujourd’hui la réponse apportée par l’Elysée au large rassemblement contre la privatisation et à l’exigence d’un vrai débat public pour le service public de La Poste. En annonçant la création de cette commission, le gouvernement n’annonce pas pour autant son renoncement à la privatisation de La Poste (…).

        

La CGT appelle à poursuivre et à amplifier la mobilisation des postiers, des usagers et des élus au travers de leurs exigences (…). Dans ce contexte, le 23 septembre est plus que jamais une étape importante, chaque gréviste, chaque manifestant va compter.

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