Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Présentation

  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs (celui-ci a souhaité s'éloigner du MRC en 2015). Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En février 2019, le MRC a co-fondé la Gauche Républicaine et Socialiste (GRS), en continuant d'exister, au moins jusqu'à son prochain congrès, en décembre 2020.
  • Contact

Texte libre

Recherche

Courriel

 

 

 

 

Articles RÉCents

9 juillet 2007 1 09 /07 /juillet /2007 13:38

 

Face au néolibéralisme, éviter un double écueil

 Pour la première fois, nous nous sommes rencontrés le 24 juin lors du conseil national du MRC puis nous avons déjeuné ensemble. Xavier m’a fait part de son intention de présenter sur son blog des réflexions (les siennes notamment, mais pas seulement) portant sur la refondation de la gauche.

 C’est ainsi qu’hier, il a publié sur http://sr07.unblog.fr un texte de fond (incluant des références historiques) sur la posture « centriste » qu’à son avis la gauche devrait adopter pour réussir à s’organiser et se rassembler face au néolibéralisme.

 En introduction de mon article paru hier sur la tentation du président des radicaux de gauche, j’évoquais un « centre radical » et un « centre écologiste ». Je dois compléter la série par un « centre social-républicain » dans la filiation de Jean Jaurès…

 Voici ce texte rédigé par Xavier Dumoulin, porte-parole du MRC dans les Landes.

« Une position centriste, radicale et républicaine, par refus des vieilles politiques de chimères ou de renoncements »

 Dans la tradition révolutionnaire, le centrisme n'a pas du tout la même acception que dans le langage politicien usuel. Il signifie une posture intermédiaire, non pas entre la gauche et la droite, mais entre courants de gauche.

 Ainsi Jean Longuet, petit fils de Karl Marx, passé par le guesdisme puis “le jauressisme de gauche”, fut-il qualifié de “centriste”  pour ses positions conciliantes envers l'aspiration à la reconstruction, sous réserves, de l”Internationale - après la faillite de la seconde - en réfutant néanmoins les exigences de Zinoviev et de Lénine au congrès de Tours de 1920.

 Jean Longuet devait finalement se ranger aux raisons d'un Léon Blum que celui-ci exposa dans son discours historique préparé par un mentor du socialisme français : Lucien Herr. Ce discours, “trop connu pour ne pas être méconnu” selon Philippe Corcuff, révèle “une tradition française réformiste révolutionnaire” susceptible de bousculer les idées reçues des militants communistes, trotskyste et /ou altermondialiste. “Les militants socialistes actuels qui croient, selon Philippe Corcuff, que le socialisme français constitue une version vaguement sociale de l'économie de marché n'en seront pas moins perturbés par la radicalité du propos”.

 Dans ces temps présents de nouveaux questionnements de toute la gauche après la victoire idéologique et politique de la droite à la présidentielle de 2007, la position “centriste” originale et originelle  - sur laquelle nous reviendrons plus loin - peut nous éviter un double écueil :

 -  Celui de l'abandon par la gauche de l'essentiel de ses valeurs et principes au prétexte d'un prétendu  caractère indépassable de l'économie de marché dominée par le néolibéralisme. C'est hélas déjà une réalité incontestable avérée par de trop nombreux exemples : la posture du gouvernement Fabius en 1984 dans la lignée de la “parenthèse libérale” augurée par son prédécesseur à Matignon; l'adoption et la mise en oeuvre du “grand marché”,  de “l'acte unique”, des  traités de Maastricht et d'Amsterdam sous les gouvernements Rocard, Bérégovoy et Jospin - ce dernier ayant par ailleurs pulvérisé le record de cessions d'actifs d'entreprises nationales sous  sa législature et appuyé le camp favorable au TCE en 2005 - ; le positionnement actuel prétendument social-démocrate mais parfaitement social-libéral d'un Strauss-Kahn;

 - Celui du refuge dans la tradition séculaire néo-guesdiste - incarnée jadis par Guy Mollet -  du maximalisme verbal par des dirigeants enclins à plus de liberté de parole dans une cure prolongée d'opposition. C'est une tentation d'autant plus forte en cette période qui voit fleurir des critiques acérées sur la conduite d'une campagne présidentielle jugée perdue du fait même d'un discours droitier - c'est notamment la thèse de Claude Bartolone dans son dernier ouvrage, thèse énoncée aussi par une large fraction de dirigeants socialistes à l'instar de Laurent Fabius ou de Jean-Luc Mélenchon - alors même qu'un grand pas avait été franchi par le “ségolisme” sur les questions européenne et républicaine pourtant chères à ces deux contradicteurs, suite à l'accord MRC-PS et compte tenu, également, de la personnalité de la candidate. Chacun sait bien, par ailleurs, que les plus sociaux-libéraux dans la gestion gouvernementale ne sont pas forcément les moins disants en critiques gauchisantes dans l'opposition ! Les courants d'extrême-gauche  demeurent quant à eux totalement étrangers à toute perspective d'exercice du pouvoir et se perdent souvent en conjectures dans d'épuisantes querelles de chapelles, parfaitement ésotériques pour le profane. 

 Pour sortir de ces impasses, la posture « centriste » pourrait se définir comme une ouverture aux réflexions des courants critiques de “la  gauche de gauche” et de  l'altermondialisme tout en assumant pleinement les réalités et évolutions historiques de la gauche.

Inscrite définitivement dans la tradition républicaine du socialisme français - qui porte haut l'exigence démocratique avec la visée laïque et citoyenne - la gauche reste le creuset d'une perspective sociale audacieuse.

 Le néolibéralisme - qui n'est rien d'autre qu'une victoire du capitalisme financier sur le monde du travail -  doit donc être combattu avec détermination et réalisme. Il appartient ainsi aux forces de gauche d'entamer et de contester sa légitimité. Il s'agit d'un engagement concret de soutien et de relais aux luttes des salariés et aux aspirations populaires, en France, en Europe et dans d'autres régions du monde, couplé d'un travail d'analyses, d'échanges et  d'éducation populaire. 

 Une telle perspective - en contrepoint absolu avec la logique du néolibéralisme - suppose l'élaboration collective, en France, d'un  projet politique visant à souder un “front de classes”, d'abord  ancré dans les couches populaires (sans oublier les travailleurs précaires) et trouvant ses appuis dans de larges fractions du salariat, des travailleurs indépendants et des couches intellectuelles.

 C'est le combat pour une nouvelle hégémonie culturelle et idéologique autour des valeurs républicaines et sociales de la gauche française ! C'est une volonté de peser pour une Europe solidaire vraiment européenne, tournée vers le Sud et l'Est, en contrepoids à la mondialisation libérale et à l'unilatéralisme américain.

 La question de la refondation de la gauche se pose dans cette problématique ”centriste” à la recherche de l'ambition du réalisme pour sortir des impasses ; celle d'une gauche de la gauche anti-libérale, cantonnée dans un rôle protestataire et celle d'un républicanisme sans visée affirmée de transformation sociale. 

 D'où notre posture résolument éclectique, fondée sur la critique radicale du néolibéralisme mais profondément ancrée dans les fondamentaux républicains. Rompant avec des réflexes idéologiques pavloviens, ce nouveau ”centrisme” a besoin d'être expliqué pour devenir un nouveau point d'équilibre à gauche entre différentes sensibilités. C'est un défi encore loin d'être relevé !

Partager cet article
Repost0

commentaires