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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine autour des idées de Jean-Pierre Chevènement. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens après les élections de 2002.
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14 décembre 2012 5 14 /12 /décembre /2012 14:13

 

Refonder le pacte social républicain, bâtir sur le long terme

 

Les délégués des comités locaux et départementaux du Mouvement Républicain et Citoyen se rassembleront les 15 et 16 décembre 2012 à Paris à l'occasion de leur congrès national. Voir Le MRC, qui se veut "une boussole républicaine", en congrès ce week-end.

Rappel : Jean-Luc Laurent demande au MRC d'être une boussole républicaine - 25 novembre 2012

 

Le MRC a vingt ans, dans la mesure où il est la continuité du Mouvement des citoyens (MDC), né d'une divergence fondamentale avec le PS en 1992 sur la question européenne (traité de Maastricht). Mais les idées qui ont fondé le MDC puis le MRC remontent à la création du CERES en 1965 au sein du parti socialiste de l'époque, la SFIO.

 

Comment le MRC, aujourd'hui, peut-il être utile à la gauche qui gouverne la France ? Il est dans la majorité parlementaire, sans être au gouvernement. Cela résulte d'un accord conclu en mars dernier avec le PS, accord politique et électoral. Allié du PS, mais dans des conditions de liberté d'expression et de vote pour ses parlementaires.

 

Parmi les divergences en cours, il y a la question des priorités politiques. Le PS a opté pour la mise en avant de questions sociétales, alors que les milieux populaires attendent une mobilisation sur les questions économiques et sociales. Sur ce point, voici ce que Jean-Pierre Chevènement, président d'honneur du MRC, a dit, ce 14 décembre, à deux journalistes du quotidien Le Monde, David Revault d'Allonnes et Thomas Wieder :

 

"Arrêtons d'enflammer la France avec des idées marginales"

 

Le Monde : Pensez-vous que le gouvernement s’est "couché" devant Mittal à propos de Florange ?
Jean-Pierre Chevènement : Il y avait trois solutions possibles. La première, c’était la nationalisation partielle, celle du seul site de Florange. Cela posait des problèmes d’approvisionnement et de débouchés, en fait maîtrisés par Mittal. La deuxième, c’était la nationalisation intégrale d’ArcelorMittal qui avait un sens car la sidérurgie est une industrie de haute technologie dont la France ne peut se désintéresser. Mais le risque aurait été moins financier que politique : la France doit continuer à pouvoir emprunter à des taux très bas. Le Premier Ministre a choisi une la troisième solution, celle d’un accord avec Mittal pour préserver l’emploi. C’est une solution à minima, je le concède, mais elle préserve l’avenir.

Arnaud Montebourg a-t-il eu raison de parler de nationalisation ?
Oui, il était dans son rôle. Il a agi avec panache. C’est son style. Ce qu’il a dit a contribué à amener Mittal à assouplir sa position.

Vous ne lui conseillez donc pas d’appliquer la « jurisprudence » Chevènement de 1983, à votre départ du gouvenrement : "Un ministre, ça ferme sa gueule. Et si ça veut l’ouvrir, ça démissionne"?
J’aurais eu mille raisons de démissionner quand j’ai été ministre. Je ne l’ai fait qu’à trois reprises, et chaque fois parce qu’ un intérêt essentiel était en jeu. Là, c’est différent : il y a un désaccord sur un dossier. Un arbitrage été rendu. Tant que l’essentiel n’est pas en jeu, un ministre doit privilégier l’image de cohérence du gouvernement auquel il appartient.

Qu’appelez-vous l’essentiel ?
La décision qu’a prise le gouvernement après la remise du rapport Gallois -traiter à bras le corps le problème de la compétitivité de l’économie française.
Les choix qui ont été faits sont-ils les bons ?
Dès lors que vous ne pouvez pas dévaluer votre monnaie pour rendre vos produits plus attractifs à l’exportation, vous ne pouvez utiliser que le levier fiscal et budgétaire : c’est ce qu’a fait le gouvernement avec le crédit d’impôt et la restructuration des taux de TVA. Cela dit, tant que notre monnaie restera surévaluée, nous peinerons à regagner des parts de marché. Le vrai choc de compétitivité, ce serait que l’'euro revienne à son cours de lancement, celui d’il y a dix ans, quand il valait à peu près un dollar.

A vos yeux, le « pacte de compétitivité » présenté par le gouvernement ne résout donc qu’une partie du problème ?…
Il est un signe donné par le gouvernement aux chefs d’entreprises. Mais il faut aller plus loin. Cela implique, comme l’a écrit Louis Gallois, la refonte en profondeur du « pacte social ». Cela passe par la mise en place d’'un nouveau CDI, combinant la stabilité nécessaire aux salariés et la flexibilité dont ont besoin les entreprises, et aussi par une nouvelle charte de l’entreprise associant les actionnaires, les managers et le personnel salarié. C'est la condition pour ressusciter la dimension du long terme, que le capitalisme financier a sacrifiée au profit de la rentabilité immédiate.

Si vous avez fini par soutenir la candidature de François Hollande, en mars dernier, c’est notamment parce qu’il s’était engagé à renégocier le traité budgétaire européen. Or ce traité n’a pas été renégocié. Vous sentez-vous trahi ?
Non, j’ai apporté mon soutien à François Hollande « les yeux ouverts ». Le traité n’a pas véritablement été renégocié, donc les parlementaires du MRC ne l’ont pas voté. Je continue de penser qu’on ne fera pas l’économie d’un réaménagement de l’euro, avec le passage d’une monnaie unique erronée, dans son principe, à une monnaie commune. Un système monétaire commun permettrait de faire cohabiter plusieurs euros rattachés chacun à un groupe de pays dont les économies sont voisines.
La BCE doit être une vraie banque centrale, jouant pleinement son rôle en matière de création monétaire. A défaut de solutions audacieuses, nous en resterons aux soins palliatifs, allant de sommet de la dernière chance en sommet de la dernière chance….

Voterez-vous la loi sur le mariage et l’adoption pour les homosexuels ?
Le MRC n’a pas encore défini sa position, mais ce sera pour la majorité soit le non soit un refus de participer au vote. Je continue pour ma part, de penser qu’un enfant doit avoir une mère et un père ou au moins l’idée d’un père et d’une mère, et qu’on ne peut rompre, sans alimenter le désarroi social, avec des repères fondamentaux.

Le PS lance cette semaine une campagne en faveur du droit de vote des étrangers. Qu’en pensez-vous ?
La direction du PS sait que le droit de vote des étrangers aux élections locales ne se fera pas. La bonne solution, c'est la naturalisation en vue de l'intégration. Il faut faciliter les conditions d'accès à la nationalité française. C'est ce qu’a entrepris, à juste titre, Manuel Valls. D'une façon générale, arrêtons d'enflammer la France avec des questions marginales. Ces réformes dites sociétales sont trop souvent le cache misère d'une insuffisante prise en compte des questions économiques et sociales. Je le redis à François Hollande : il faut mobiliser sur l'essentiel, et surtout ne pas s'égarer sur des chemins de traverse. C'est en assumant pleinement l’intérêt national que nous bâtirons la meilleure digue contre les dérives démagogiques et xénophobes du Front National et la tentation d’une partie de la droite d’y joindre sa voix. La côte d’alerte est atteinte. Seul un langage de salut public sera entendu.

Cet article est le 118ème paru sur ce blog dans la catégorie MRC national.

 

 

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Published by Michel SORIN - dans MRC national
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