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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine autour des idées de Jean-Pierre Chevènement. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens après les élections de 2002.
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29 octobre 2008 3 29 /10 /octobre /2008 22:44

L’Europe doit fixer des restrictions au libre-échange

 

La fin de campagne interne au PS est proche. Le 6 novembre, les adhérents choisiront entre les 6 motions en présence. Le favori des médias, Bertrand Delanoë, ne mobilise pas et s’énerve. Il veut succéder à François Hollande en dirigeant autrement et en adoptant une ligne plus claire, c’est-à-dire plus en phase avec les autres partis social démocrates européens et moins sensible aux idées de la gauche du PS et, moins encore, à celles d’Olivier Besancenot.

 

Il apprécie le soutien de ses amis Lionel Jospin et Michel Rocard, mais moins celui de François Hollande, plus préoccupé par son propre avenir que par celui du maire de Paris. Celui-ci s’est aventuré dans la rédaction d’un livre « audacieux » qu’il assume, mais qui le dessert, car ce n’est vraiment pas le moment de se déclarer socialiste et libéral.

 

En face, un seul candidat alternatif déclaré : Benoît Hamon. Mais, deux autres candidats sont prêts, au cas où le vote des adhérents conduirait à des compromis entre les différentes motions. Il s’agit de Vincent Peillon, homme de confiance de Ségolène Royal, et de Pierre Moscovici, qui est actuellement proche de Bertrand Delanoë et se voit bien dans les habits d’un premier secrétaire de compromis (les compromis, il a l’habitude d’en faire, plus souvent qu’à son tour).

 

Les évènements vont dans le sens que je décrivais (voir, sur ce blog Michel Sorin : le congrès PS ouvrira des perspectives pour la gauche - 25 septembre 2008).

La motion A des sortants se retrouvera isolée, face aux trois autres (Ségolène Royal, Martine Aubry, Benoît Hamon) qui sont bien décidés à s’entendre pour faire une majorité. Entre ces deux derniers, c’est assez facile. Les compromis seront nécessaires et plus difficiles avec l’ancienne candidate à l’élection présidentielle.

 

Tout dépendra des résultats du 6 novembre. Si, comme c’est probable, Ségolène Royal est bien placée, elle poussera Vincent Peillon et celui-ci, ancien porte-parole du PS au côté de François Hollande, aura de bonnes chances de gagner face à Pierre Moscovici, car le maire de Paris ne sera pas en situation de l’emporter et, donc, de se présenter.

 

Dans l’immédiat, je propose de lire l’intervention de Benoît Hamon lors d’une conférence à l’Institut d’études politiques à Paris animée par Liêm Hoang-Ngoc. Ce texte est paru dans L’Humanité le 17 octobre 2008. En voici des extraits, concernant l’analyse du capitalisme.


A compléter par cet entretien «Le monde change, mais au PS rien ne change» (Libé, 29 octobre).


Pour un nouveau réalisme économique de gauche. Par Benoît Hamon

(…) Alors, pour répondre d’emblée à la question posée pour nos travaux : ce que doit proposer la gauche, en France, en Europe et dans le Monde, c’est un changement profond des règles du jeu, des réformes à la fois réalistes qui s’enracinent dans les causes objectives de la crise que nous subissons, et radicales car les enjeux sont énormes.

LA CRISE ACTUELLE VALIDE NOTRE CRITIQUE FONDAMENTALE DU CAPITALISME

Il faut se féliciter du fait que la crise actuelle ait permis une pédagogie sans précédent de l’analyse critique du capitalisme. Depuis longtemps, ceux qui critiquaient les dérives de l’économie libérale étaient taxés de gauchistes, de rétrogrades, au mieux de nostalgiques ou de rêveurs. Il n’y a pas d’honneur à avoir été des prophètes, pas même au sein du Parti socialiste… Lorsque l’on n’a pas su se faire entendre, c’est que l’on a en partie échoué. Mais ne laissons pas passer l’occasion de rappeler la permanence et la pertinence de notre critique du capitalisme :

La financiarisation du capitalisme est directement à la source la crise : l’argent créé ou échangé ne va plus principalement à l’économie réelle, donc à l’industrie, à l’emploi, à la création de ressources ou de biens de consommation, mais bien à la rémunération des détenteurs de capitaux. Même si la crise des « subprimes » provient du secteur du logement, ce n’est pas à un secteur économique en particulier que cela est dû, mais à la perversion d’un de ses principaux mécanismes de financement ; si le logement social existait aux Etats-Unis et s’il n’était pas remplacé par une course effrénée à la propriété financée par des crédits à risques, nous n’en serions sans doute pas là.

La déréglementation de l’économie de marché est la « seconde mamelle » de la crise : depuis plus de vingt ans, la pensée économique dominante est de « jouir sans entraves » ; l’arnaque principale est d’avoir réussi à faire croire que la déréglementation de l’économie, l’affaiblissement des mécanismes de contrôle et de solidarité, permettraient l’enrichissement du plus grand nombre et sans frais. La réalité de la crise nous montre l’inverse : si le niveau de vie a incontestablement augmenté sur la planète, la répartition des richesses est malheureusement de plus en plus inégalitaire, et les mécanismes de régulation échappent désormais pour l’essentiel à la responsabilité politique.

L’essor du « libre échange » au niveau mondial est venu parachever l’édifice : l’OMC vante la mécanique vertueuse du libre échange qui serait gagnante-gagnante. La course à la compétitivité entre les nations se déroule à coup de dumping social, dumping fiscal et dumping environnemental. Elle a pour principale conséquence de d’encourager la baisse des recettes publiques (comme démontrée en Europe par le cabinet KPMG sur la baisse tendancielle de l’IS dans le marché intérieur grâce à la concurrence fiscale) mais aussi de pousser la réduction du coût du travail et donc à la modération salariale.

Dans le monde occidental, la pente est la même. En France, ce sont onze points de PIB qui ont été transférés de la rémunération du travail à celle du capital. Le rendement demandé au capital investi est devenu tel qu’il détourne la valeur ajoutée de l’investissement comme de la rémunération du travail. La principale conséquence sociale de ce phénomène est le développement d’une nouvelle forme de prolétariat constitué de travailleurs pauvres et de leurs familles.

LA CRISE ACTUELLE EST UNE CRISE DU SYSTÈME, UNE CRISE DU CAPITALISME

Nous assistons bien à une crise du capitalisme. Quelles en sont les caractéristiques ?

C’est une crise de liquidités : prudentes, méfiantes ou fragilisées, les banques ne se prêtent plus d’argent, et le manque de liquidités pour honorer des créances provoque des réactions en chaîne.

C’est une crise spéculative : à cause des spéculations à la baisse contre les valeurs bancaires, les banques voient leurs fonds propres se dévaloriser.

C’est une crise financière d’un type nouveau : l’accumulation de créances douteuses liées à la prolifération de produits financiers dérivés, ajoute un aspect surréaliste puisque les pertes sont pour une grande part d’entre elles de nature virtuelle.

C’est une crise qui condamne les modèles de régulation de nature privée voire corporatiste : les normes comptables aujourd’hui appliquées, qui valorisent les entreprises en fonction du cours du marché, condamnent les entreprises cotées dès lors que les marchés s’effondrent, même si leur activité productive est saine ; de leur côté, les agences de notation qui sont pourtant sensées se porter garantes, se sont en fait avérées incompétentes, aveugles ou consanguines ; d’autres normes comptables et une agence publique européenne de notation sont devenues essentielles.

C’est donc bien une crise du modèle capitaliste : il semble que nous ayons heureusement atteint les limites d’un système prédateur reposant sur la captation par le capital de la valeur ajoutée et sur une dérégulation à outrance, mais rien aujourd’hui ne permet de croire que l’issue de la crise débouchera sur une remise en cause profonde du système économique et financier (…).


Lire la suite : Pour un nouveau réalisme économique de gauche. Par Benoît Hamon


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Published by SORIN Michel - dans Gauche France
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