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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs (celui-ci a souhaité s'éloigner du MRC en 2015). Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En février 2019, le MRC a co-fondé la Gauche Républicaine et Socialiste (GRS), en continuant d'exister, au moins jusqu'à son prochain congrès, en décembre 2020.
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27 novembre 2009 5 27 /11 /novembre /2009 23:44

 

Réorienter et refonder la PAC sur la sécurité alimentaire

 

Comme prévu, la réunion publique organisée par le MRC de l’Orne, le 26 novembre, à Alençon, a surtout intéressé les militants, qui ont pris un vif intérêt à participer aux réflexions que j’ai présentées sur l’agriculture, secteur dont j’ai la charge, au niveau national.

Voici le communiqué transmis à la presse.

 

MRC-61-261109-003-T.jpgLe Comité de l’Orne du Mouvement Républicain et Citoyen avait choisi le thème de l’agriculture pour un débat public, hier soir à Alençon, avec la participation du secrétaire national MRC à l’agriculture, Michel Sorin, ingénieur agronome, ancien maire de Saint-Berthevin (Mayenne).

C’est, en présence d’une dizaine de personnes, que l’intervenant a montré en quoi la crise agricole actuelle concerne l’ensemble des citoyens et a une dimension européenne évidente, puisque la politique agricole est la principale et l’une des rares politiques communes de l’Union européenne. C’est aussi un problème mondial, compte tenu de la sous-alimentation d’un milliard d’humains.

Les questions les plus nombreuses ont porté sur la crise laitière et les actions de l’APLI, l’association des producteurs de lait indépendants. Michel Sorin fait de la grève du lait - et de la naissance de ce mouvement de producteurs remettant en cause les pratiques du syndicat majoritaire - le fait majeur, au niveau agricole, de ce début du 21ème siècle.

La question de fond est le démantèlement libéral de la PAC, lié à l’idéologie du libre-échange véhiculée par l’Organisation Mondiale du Commerce avec la complicité des institutions européennes.

Jean-Pierre Chevènement et le MRC préconisent une concurrence équitable dans les échanges internationaux et la réorientation de la Politique Agricole Commune sur la base de la sécurité alimentaire, qui peut être résumée ainsi :

- autosuffisance agricole et alimentaire, au niveau européen et par grandes régions dans le monde ;

- soutien aux revenus et orientation des productions par le biais des marchés et des prix, en rompant avec les aides directes ;

- objectif de régulation souple (par le stockage, notamment), en y associant les producteurs et en recherchant un bon équilibre entre le système européen et les pays tiers.

  J’ai commencé par indiquer le cadre politique de ces réflexions sur l’agriculture (voir MRC 53-72 : Michel Sorin résume les positions actuelles de son parti - 25 novembre 2009).

 

Le projet de programme de salut public présente ainsi la partie agricole.

 

15 – L’agriculture orientée vers la sécurité alimentaire : C’est une politique agricole offensive, autour d’une agriculture de producteurs, pour contribuer à la sécurité et à la qualité de l’alimentation, en Europe et dans le monde, qu’il faut rechercher. Elle s’appuie sur l’autosuffisance alimentaire, le soutien aux revenus des agriculteurs, une régulation tenant compte des prix internationaux et associant les producteurs, un allégement de la pression des distributeurs sur les agriculteurs.

 

Il m’a semblé intéressant de montrer la continuité de la position du MRC depuis que Georges Sarre, en 2004, puis Jean-Pierre Chevènement, en 2008, m’ont confié la responsabilité des questions agricoles au MRC.

 

Le premier article classé dans la catégorie AGRICULTURE et PAC sur ce blog est l’extrait du texte adopté par le congrès 2006. Voir AGRICULTURE- projet MRC adopté au congrès 1er avril 2006 - partie agricole - 17 juillet 2006.

 

Les paysans doivent pouvoir vivre de leur travail
 
Revaloriser le travail des paysans face à l'offensive libérale menée par l'OMC est un combat exemplaire pour toute résistance au libéralisme. La réforme de la PAC imposée en 2003 a instauré un " découplage " entre la production et le revenu des paysans.
 
Désormais l'agriculteur ou l'éleveur, au lieu de vivre de ses produits -dont le prix sera progressivement aligné sur le cours de braderie du marché mondial- vivra d'allocations.
C'est un abandon complet des principes de la PAC, qui était, faut-il le rappeler, la seule politique commune mise en place.
 
Désormais, l'Union européenne n'a qu'un objectif : aligner l'Europe sur le marché mondial, comme l'y presse l'OMC, laquelle peut compter sur le soutien actif de Tony Blair.
Contre cette liquidation, il faut réinventer la PAC et les principes qui l'avaient fondée : préférence communautaire, prix rémunérateurs encourageant la qualité, souveraineté alimentaire. En servant de nouveaux objectifs : agriculture paysanne, sécurité et qualité alimentaires, rejet du dumping vis à vis des agricultures des pays du Sud.

Le refus du découplage des aides va de pair, pour nous, avec la fixation de prix intérieurs européens, en référence aux coûts de production réels et à des codes de bonne pratique.

Le respect de la préférence communautaire garantit ces prix. Dès lors, la limitation par quota de production des restitutions aux exportations est acceptable.

 

L'objectif d'autosuffisance alimentaire de l'Europe ne doit pas être perdu de vue. Dans cet équilibre, pourront être menés à bien le passage de la production de masse à la qualité, l'encouragement aux productions agricoles non alimentaires, au respect de l'environnement, le développement des contrats territoriaux d'exploitation, non seulement pour les exploitants bien installés mais pour tous les autres.

 

Des aides directes sont possibles dès lors qu'elles visent à préserver l'environnement et développer les bonnes pratiques. Mais cette réinvention de la PAC doit permettre à l'Europe de se nourrir par elle-même et aux paysans de vivre de leur travail et non de subsides.

 

Le 10 octobre 2009, le MRC mettait sur son site le texte adopté par le secrétariat national, après avoir amendé celui que je lui avais proposé. Voir Des orientations nouvelles pour l’agriculture.

 

Ensuite, j’ai développé ce qui me semble être un fait historique très important : la crise laitière et les nouvelles formes de lutte activées par les producteurs de lait pour faire valoir leurs intérêts vitaux (revenu en baisse de 20% depuis le printemps 2009, après la chute d’environ 30% des prix du lait acheté par les industriels et coopératives.

 

L’extrême volatilité des cours du lait s’explique par les mesures de libéralisation et de déréglementation décidées par l’Union européenne, en relation avec les négociations commerciales à l’OMC en faveur du libre-échange. Le prix du lait est trop dépendant du marché mondial du beurre et de la poudre de lait, laquelle est fabriquée dans des conditions de compétitivité maximales par la Nouvelle-Zélande.

 

Dans la perspective de suppression des mesures de régulation du marché laitier (les quotas n’existeront plus en 2015), l’Etat français a aggravé la fluctuation des cours en démantelant les mécanismes interprofessionnels de fixation des prix.

 

Face aux mouvements de grève des livraisons de lait - lancés le 10 septembre de Bruxelles par les producteurs de 14 pays européens, regroupés au sein de l’EMB (European Milk Board), à l’initiative française de l’Association des producteurs de lait indépendants (Apli), appuyée par les organisations syndicales minoritaires (Coordination rurale et Confédération paysanne) - les ministres de l’agriculture ont cherché à éteindre l’incendie.

 

Ils ont accepté de contredire la Commission européenne et, à la majorité qualifiée (21 sur 27), ont décidé d’adopter le principe de régulation dans les décisions européennes concernant le lait. Le ministre français, Bruno Le Maire, n’a pas eu la partie facile, car l’Europe est divisée entre le nord, libéral et productiviste, et le sud, aux traditions culturelles fort diverses.

 

Des promesses qui ont permis l’arrêt de la grève du lait le 24 septembre, mais qui ne seront pas nécessairement tenues. C’est pourquoi les producteurs contestataires ont repris les actions sur le terrain (auprès des laboratoires interprofessionnels, notamment) dans le but de se faire accepter dans les instances de cogestion de la filière laitière (le CNIEL, dans lequel les producteurs sont représentés par la FNPL, branche lait du syndicat majoritaire, la FNSEA).

 

J’ai terminé mon exposé en faisant référence aux textes agricoles qui ont été publiés récemment sur ce blog :


- Pascal Massol et l'APLI sont suivis par les producteurs de lait de base - 21 novembre 2009

 - Edgard Pisani et le combat pour une nouvelle politique alimentaire - 21 novembre 2009

- Jacques Berthelot et l'agriculture : la protection est la condition de la vie - 23 novembre 2009

 

Cet article est le 149ème paru sur ce blog dans la catégorie AGRICULTURE et PAC.

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