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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs, qui n'est plus membre du MRC depuis 2015. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En 2022, le MRC est devenu membre de la Fédération de la Gauche Républicaine avec quatre autres organisations politiques.
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8 décembre 2011 4 08 /12 /décembre /2011 23:15

Retrouver le sens du peuple et regagner sa confiance

 

Ce livre arrive au bon moment, à six mois des élections législatives qui décideront de la majorité qui gouvernera la France : « Plaidoyer pour une gauche populaire. La gauche face à ses électeurs » sous la direction de Laurent Baumel et de François Kalfon, Le Bord de l’eau, novembre 2011.

 

L’un de ceux qui ont contribué à ce livre, Philippe Guibert, était l’un des participants à la table ronde de l’université d’été 2011 du MRC - voir Université d'été MRC à Carros (06) : la table ronde du 4 septembre 2011 sur le thème « Comment renouer avec les milieux populaires ? ».

 

Chevenement-Commer-301111-007-T.jpg

Jean-Pierre Chevènement, le 30 novembre 2011, dans une ferme à Commer (Mayenne) - photo Michel Sorin

 

Ce 8 décembre, sur le site Rue89, est parue une tribune de Jean-Pierre Chevènement sous le titre Jean-Pierre Chevènement a lu pour vous le livre qui passionne la gauche. On la retrouve sur le site de campagne Chevènement 2012 sous le titre :

Pour gagner en 2012, la gauche

doit retrouver le sens du peuple

 

Dans toute l’Europe, les défaites, voire les déroutes de la gauche, se révèlent liées à un décrochage d’avec les couches populaires. C'est ce scénario qu'il faut éviter en 2012 en France.

 

En mai dernier, la Fondation Terra Nova proposait sans fard dans une note (1) désormais célèbre une clarification de la stratégie électorale du Parti socialiste. Celle-ci reposait sur une redéfinition de la coalition sociale que devait constituer la gauche pour l’emporter au second tour de l’élection présidentielle. Il faudrait en partie faire une croix sur les catégories populaires, rétives à l’imaginaire heureux de la mondialisation et soucieuse de protections, et s’appuyer sur de nouvelles catégories démographiques : les jeunes, les « minorités », et les « gagnants » de la mondialisation. Bien que cette note ait alors suscité une levée de boucliers, elle avait le mérite d’exposer publiquement les soubassements idéologiques d’une certaine gauche sociale-libérale.

Un essai (2) bref vient rappeler au candidat du Parti socialiste que 2012 ne se gagnera pas sans le peuple. Plusieurs contributions, dans un ensemble dense, méritent en particulier qu’on s’y arrête.

D’abord, ainsi que le rappelle avec clarté Rémi Lefebvre, « le poids des catégories populaires n’a guère diminué depuis trente ans (60% de la population si on agrège ouvriers et employés) ». La France compte encore en effet 8 millions d’employés et 6 millions d’ouvriers. Si certains patrons rêvaient d’« entreprises sans usines » au début de la décennie 2000, contribuant ainsi à la démobilisation industrielle, il vaudrait mieux se garder chez certains « penseurs » de rêver d’une France sans ouvriers. Le « politiquement pensable à gauche » devrait être capable de construire une victoire électorale à partir de cette réalité sociologique.

 

Ensuite, ainsi que l’écrit avec lucidité Christophe Guilluy, « la nouvelle géographie sociale nous enseigne que la gauche est forte là où le peuple est faible ». La gauche gagne en effet dans les métropoles mondialisées qui tirent leur épingle du jeu de l’ouverture des marchés et utilisent l’immigration pour les emplois de services non qualifiés. Ailleurs, dans les zones périurbaines et rurales qui accueillent la majorité des classes populaires et moyenne, elle fait pâle figure. Dans ces terres invisibles des rédactions des grands médias, les électeurs oscillent entre abstention et vote Front National. Mais, dès qu’un candidat s’adresse à eux et promet de prendre en compte leur aspiration à la protection, ils sont immédiatement remobilisés politiquement (c’est l’exemple de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007). Ces territoires concentrent les difficultés économiques et subissent de plein fouet les délocalisations industrielles et les fermetures d’usines. Leurs habitants sont hostiles au multiculturalisme et réclament une régulation de l’immigration et une protection culturelle qui sécurisent leur environnement de vie. Ces préoccupations populaires ne relèvent pas d'une dérive extrémiste. Il existe des réponses progressistes : une sécurité de proximité, rejetant l'angélisme comme le tout-sécuritaire, une loi qui soit la même pour tous, un Etat recouvrant sa mission au service des citoyens, un commerce extérieur régulé, une identité républicaine de la France, nation politique et non ethnique. A la condition que la gauche assume sa mue républicaine. En tout cas, « c’est dans cette ‘France périphérique’, à l’écart des métropoles mondialisées, que se jouera 2012, comme 2007 », insiste Guilluy (3).

A ces dimensions économiques, sociales et culturelles, s’ajoute la réalité d’une école en panne. Camille Peugny souligne de son côté la permanence des inégalités scolaires et leur enracinement chez les catégories populaires. Deux priorités devraient être clairement dessinées pour relever l’école de la République, ainsi que je l’expose dans mon dernier livre (4). D’abord, l’école primaire et maternelle où l’échec scolaire doit être ramené de 4 à 1. Ceux qui échouent au collège et au lycée sont ceux qui ont échoué dès l’enfance. Ensuite, par un effort considérable dans l’enseignement supérieur pour amener au niveau de la licence (Bac +3) 50% d’une classe d’âge. Les couches populaires seront les premiers bénéficiaires de cette politique qui devra être replacée dans un grand programme pour l’égalité.

Point n’est besoin d’être démagogue pour parler aux catégories populaires, car celles-ci font l’expérience concrète de la mondialisation et de la crise. La description que fait Philippe Guibert dans son texte du durcissement des conditions de travail des salariés est saisissante de vérité, ainsi que le récit des astuces et stratégies pour « boucler le mois ».

Les classes populaires et moyennes ont compris depuis longtemps que sans base productive solide, sans industrie avec des emplois stables et correctement payés, aucun système social n’était finançable à long terme. Leur scepticisme de longue date concernant les bienfaits d’une mondialisation supposément « heureuse » n’est que la traduction d’une vision beaucoup plus réaliste de ses effets que ne l’ont nos supposées «élites», qui n’ont, depuis trente ans, rien vu venir. C’est pourquoi un discours fort sur la nécessité de redévelopper une activité industrielle en France, et sur les territoires, à l’abri d’une monnaie moins chère (euro ou monnaie commune) a toutes les chances d’être entendu. Mais encore doit-il être tenu avec la force, la constance et la clarté nécessaires pour redonner l’espoir qui fait tant défaut aujourd’hui.

Pour gagner en 2012, il faudra que la gauche parle au peuple à nouveau, qu’elle retrouve « le sens du peuple » (5). Pour gagner puis pour gouverner dans la durée.

1) Gauche : quelle majorité électorale pour 2012 ?, Bruno Jeanbart, Olivier Ferrand, Romain Prudent, Fondation Terra Nova, mai 2011
2) Plaidoyer pour une gauche populaire, Laurent Baumel et François Kalfon (sous la direction), Le Bord de l’eau, novembre 2011
3) Voir également les actes du séminaire « Que sont devenues les couches populaires ? », Fondation Res Publica, 30 novembre 2009
4) Sortir la France de l’impasse, Fayard, octobre 2011
5) selon l’expression de Laurent Bouvet dans la dernière contribution de l’ouvrage.

Source : Rue89

 

Voir aussi Vox populi ou Terra Nova (Coralie Delaume est blogueuse - L'arène nue) et Comment la gauche peut-elle reconquérir l'électorat populaire ? (Le Monde, Pierre Kalfon, 6 décembre).

 

Cet article est le 132ème paru sur ce blog dans la catégorie Gauche France   

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9 novembre 2011 3 09 /11 /novembre /2011 23:35

Que fait-on pour l’Europe ? Quelle construction voulons-nous ?

 

L’article comparant les parcours de Mélenchon et de Chevènement (voir Présidentielle 2012 : Mélenchon et Chevènement, proches et différents - 8 novembre 2011) provoque le débat*.

 

G-rard-Beillard-et-Michel-Sorin-balcon-29-04-09-002.jpgGérard Beillard m’a transmis sa réflexion concernant les positions du Front de gauche**. Il pose des questions à ses amis, membres dirigeants de Résistance sociale, adhérents de l’association République et socialisme, qui ont rejoint le Front de Gauche - ils étaient précédemment adhérents du Mouvement Républicain et Citoyen (MRC). Voici ce texte.

 

Chers Amis,

 

L’appel de République et Socialisme à rejoindre le Front de Gauche m’amène à quelques interrogations et réflexions en rapport avec notre mouvance politique, anciennement commune.

 

Pourtant, je suis la plupart du temps d’accord avec République et Socialisme, et travailler avec le Front de Gauche ne me gêne en aucun cas. Mais, à condition de continuer à travailler aussi avec les autres formations de gauche (PS, MRC, écologie de gauche, POI, NPA et associations s’affirmant de gauche) sensibles à nos idées.

 

A titre personnel, je demande des éclaircissements à chaque parti de gauche.

 

Que fait-on pour l’Europe ? Quelle construction voulons-nous ? Sur ce point, il y a des divergences profondes entre la plupart des partis cités, ci-dessus, et ce que je pense. Europe fédérale, comme ils le souhaitent, ou Europe des nations, qui a ma préférence ?

 

De même, comment fait-on pour construire une Europe de gauche avec les autres partenaires européens, qui sont plutôt sociaux démocrates, alors que je suis socialiste républicain (je tiens à la République). Et comment fait-on, sachant qu’actuellement, les pays européens (et pas seulement eux) ont adopté des politiques libérales ?

 

Le moment est venu, après 30 ans de libéralisme, d’infléchir ces politiques libérales. La clé du renouveau est dans la réponse à ces questions. Si nous n’y répondons pas, nous ne serons pas crédibles, aux yeux de nos concitoyennes et concitoyens.

 

* Rappel : les positions stratégiques de Mélenchon et de Chevènement

 

C’est sur l’Europe que les positions divergent le plus.

Le NON de Mélenchon, le 29 mai 2005, à la ratification du Traité constitutionnel européen, était d’abord antilibéral et en faveur d’un processus constituant européen, faisant de l’Union européenne une entité politique se substituant aux nations.

Le NON de Chevènement était d’abord républicain, se référant à la souveraineté populaire, avec en point de mire la réorientation de la construction européenne, fondée sur la coopération entre les nations.

 

A partir du référendum européen, leurs stratégies divergent nettement.

- Mélenchon veut rassembler la gauche de la gauche, afin de créer un rapport de forces électoral vis-à-vis du PS se traduisant, dès que possible, par une prise de contrôle (stratégie de Die Linke en Allemagne vis-à-vis du SPD).

- Chevènement veut amener le PS à une refondation de l’ensemble de la gauche de gouvernement sur des bases républicaines, en influant sur le projet politique à présenter en 2012 (stratégie de type congrès d’Epinay du PS en 1971). 

                                                 

** Jean-Luc Mélenchon, coprésident du Parti de Gauche, est candidat du Front de gauche (PCF, PG et d’autres mouvements, dont République et socialisme) à l’élection présidentielle. Jean-Pierre Chevènement, président d’honneur du MRC, est également candidat.

 

Cet article est le 131ème paru sur ce blog dans la catégorie  Gauche France  

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8 novembre 2011 2 08 /11 /novembre /2011 23:52

Le rassemblement de la gauche n’est pas impossible

 

Certains militants, républicains de gauche, ne comprennent pas ce qui sépare Jean-Pierre Chevènement de Jean-Luc Mélenchon. Ils souhaiteraient les voir s’associer dans la perspective de refonder la gauche.

Cette phrase, extraite de mon article daté du 22 avril 2010, ne concerne pas tous les soutiens du Front de Gauche, certains préférant la division, mais elle m’est revenue à l’esprit en lisant ce titre du Journal du Dimanche daté du 7 novembre "Chevènement et Mélenchon ont le même électorat potentiel".

 

Mélenchon et Chevènement sont deux fortes personnalités politiques de gauche. Ils sont actuellement tous les deux candidats à l’élection présidentielle 2012 et pourraient faire partie de la nouvelle majorité de la gauche dans six mois, si celle-ci l’emportait le 6 mai prochain.

 

A la demande de Christine Tasin, pour Riposte Laïque, j’avais essayé de montrer, avec ma subjectivité, mais le plus honnêtement possible, ce qu’ont été les parcours des deux anciens ministres. Voici ce texte, daté du 12 mars 2010.

 

Chevènement et Mélenchon : deux républicains, vus par Michel Sorin - 22 avril 2010 

 

L’évolution de Jean-Luc Mélenchon ne me surprend pas. Il ne faut, ni la diaboliser, ni l’occulter. Je le connais depuis les années 1980, au PS. C’était un brillant orateur et un bon organisateur de courant interne. Il venait du syndicalisme étudiant et du trotskisme lambertiste (Organisation communiste internationaliste) et se tenait au sein du mitterrandisme, mais en périphérie de celui-ci. Il est resté proche de Jospin et de Fabius.

 

Pour ma part, j’étais engagé depuis 1973 avec Chevènement au CERES (Centre d'études, de recherches et d'éducation socialiste), qui s’est transformé en « Socialisme et République » au moment où Mélenchon et Dray ont créé le courant « La Gauche socialiste ».

Il n’y avait pas d’atomes crochus entre les deux courants de gauche du PS, tous les deux opposés à la « 2ème gauche rocardienne », réticente vis-à-vis de l’Etat (tendance libérale).

 

La « Gauche socialiste » de Mélenchon était un courant de gauche classique, poussant les feux sur le plan social, sur le mode contestataire, dans un parti de type social-démocrate.

Autour de Chevènement, la préoccupation était plus liée au pouvoir d’Etat et à la transformation de la société par la loi et la gestion publique. Chevènement est un homme d’Etat recherchant l’efficacité et la cohérence dans l’exercice des responsabilités publiques (maire, parlementaire, ministre).

Mélenchon est d’abord un tribun cherchant à mobiliser les masses pour faire progresser la gauche. C’est pourquoi il est si proche de Chavez, président du Venezuela, et si éloigné des références gaulliennes, mendésistes et républicaines de Chevènement.

 

C’est sur l’Europe que les positions divergent le plus.

Le NON de Mélenchon, le 29 mai 2005, à la ratification du Traité constitutionnel européen, était d’abord antilibéral et en faveur d’un processus constituant européen, faisant de l’Union européenne une entité politique se substituant aux nations.

Le NON de Chevènement était d’abord républicain, se référant à la souveraineté populaire, avec en point de mire la réorientation de la construction européenne, fondée sur la coopération entre les nations.

 

A partir du référendum européen, leurs stratégies divergent nettement.

- Mélenchon veut rassembler la gauche de la gauche, afin de créer un rapport de forces électoral vis-à-vis du PS se traduisant, dès que possible, par une prise de contrôle (stratégie de Die Linke en Allemagne vis-à-vis du SPD).

- Chevènement veut amener le PS à une refondation de l’ensemble de la gauche de gouvernement sur des bases républicaines, en influant sur le projet politique à présenter en 2012 (stratégie de type congrès d’Epinay du PS en 1971).                                                    1/2

 

La stratégie de rassemblement de la gauche de la gauche correspond bien à la personnalité et aux objectifs, notamment européens, de Mélenchon. Cela le conduit à s’éloigner de la République et à se rapprocher de l’écologie, afin de convaincre les militants du NPA et des Verts de s’entendre pour devenir plus forts ensemble que le PS. Les dérapages sur la question de l’islamisme et de la laïcité s’expliquent par la nécessité de coller à l’électorat d’extrême gauche, plutôt communautariste.

 

La stratégie de refondation républicaine de la gauche conduit Chevènement à se rapprocher du PS pour amener sa direction sur les orientations européennes du MRC (remise en cause des institutions de Bruxelles et de la politique de concurrence, gouvernement économique de la zone euro, Europe à géométrie variable pour des politiques de coopération renforcée, politique commerciale protégeant notre modèle social).

 

Si je dois résumer ce qui peut expliquer l’incapacité de ces deux hommes à s’accorder (on a pu le constater en 2009 lors de la recherche d’un accord entre le Front de gauche et le MRC pour les élections européennes – le président du Parti de Gauche n’acceptait que le SMS comme moyen de liaison avec le président du MRC), c’est la conception du rôle de la Nation républicaine, clé de voûte de la démocratie aux yeux de Chevènement, y compris dans la politique européenne, pour laquelle des compromis d’organisation sont possibles, à condition de respecter la volonté des peuples (le Parlement européen ne peut jouer qu’un rôle mineur et il est largement sous l’influence des forces libérales).

 

Pour Mélenchon, le prolétariat ne peut se libérer au niveau national. Sa vue des rapports sociaux est mondialiste, les nations européennes ayant des Etats qui favorisent les tendances politiques conservatrices, de son point de vue. L’Europe est considérée comme le bon niveau pour renverser le rapport des forces en faveur du travail, par la conquête de la majorité du Parlement européen.

 

Les deux cherchent à promouvoir une République laïque et sociale mais, derrière les mots, il y a deux personnalités politiques que tout sépare.

 

Témoignage.

- J’ai le souvenir, après l’élection présidentielle de 2002, sur les ondes de France Inter, de déclarations fort maladroites de Mélenchon, appelant au dépassement de la conception républicaine de Chevènement, et ne craignant pas d’affirmer que celui-ci avait fait son temps.

- Quand je l’ai rencontré, il y a deux ans à Laval, où il était venu soutenir le porteur de la pancarte « casse-toi, pôvre con », poursuivi en justice pour offense au chef de l’Etat, ses premiers mots étaient pour souligner son désaccord avec Chevènement.

 

Il ne peut donc y avoir le moindre espoir de voir ces deux personnalités consentir à rapprocher leur point de vue. Du moins, en temps de paix…

 Cet article est le 130ème paru sur ce blog dans la catégorie  Gauche France  

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23 octobre 2011 7 23 /10 /octobre /2011 21:12

Chevènement sera de grande utilité pour Hollande

 

Les élections 2012 doivent faire oublier la gifle qu’a reçue la gauche en 2002, en étant écartée brutalement du second tour de l’élection présidentielle le 21 avril. Qui avait prévu le résultat calamiteux de Jospin ? Pas lui et pas moi, qui soutenait Chevènement en pensant qu’il serait utile pour peser sur les orientations de la gauche.

Ce résultat était la sanction du choix très contestable du gouvernement Jospin, sur la période 2000-2002, de céder aux pressions néolibérales du capitalisme financier, ce qui avait pour conséquence de voir se dissoudre un peu plus le lien avec les milieux populaires (11% des employés et ouvriers ont voté Jospin le 21 avril).

Voir Présidentielle : la gauche va dans le mur sans les classes populaires - 17 mai 2011

 

Sommes-nous certains que la gauche a retenu la leçon ? Non. C’est pourquoi il faut mener le combat politique menant à la refondation de la gauche sur des bases républicaines, ce qui est la raison d’être du Mouvement Républicain et Citoyen depuis son congrès de juin 2008. Jean-Pierre Chevènement et Jean-Luc Laurent, président d’honneur et président du MRC, persistent et signent. Les trois livres publiés en 2011 sont là pour faire connaître les positions de l’ancien ministre.

"Sortir la France de l'impasse": l'urgence de l'histoire et Affiche "2012: Sortir la France de l'impasse avec Jean-Pierre Chevènement"

"Le monde qu'on leur prépare"

La France est-elle finie ?

 

La primaire PS - qui répondait à la nécessité de rentrer dans la logique présidentielle en faisant désigner le candidat socialiste par un électorat plus large que les seuls adhérents - a été un succès médiatique mais l’électorat qui s’est déplacé n’est pas représentatif, car les couches moyennes et supérieures étaient surreprésentées, ainsi que les plus de 50 ans.

Voir l’étude réalisée à Montpellier, publiée le 20 octobre sur le site de Libération Jeunesse et milieux populaires, grands absents de la primaire.

 

Le contenu politique n’était pas très différent entre les deux finalistes, Aubry et Hollande. La percée de Montebourg a surpris mais elle était la récompense du principal initiateur de cette innovation et s’explique, en partie, par l’afflux sur son nom d’électeurs antilibéraux extérieurs au PS. Voir Primaire PS : Montebourg emprunte une voie nouvelle, porteuse d'avenir - 9 octobre 2011.

 

François Hollande l’a emporté nettement. Voir Primaire PS : François Hollande (56%), candidat PS à la présidentielle - 16 octobre 2011. Ses bonnes relations avec le MRC devraient faciliter les discussions sur le fond.

Voir le Communiqué de Jean-Luc Laurent, président du Mouvement Républicain et Citoyen

Le MRC félicite François Hollande pour son investiture aux Présidentielles par la convention nationale du Parti socialiste après sa victoire aux primaires. Le débat va donc pouvoir enfin s’engager.
La gravité de la crise actuelle oblige toute la gauche à se hisser à la hauteur des défis à relever.
Jean-Pierre Chevènement qui avait vu venir la crise de l’euro, vient de présenter son projet pour sortir la France de l’impasse.
Le MRC, qui incarne la sensibilité républicaine sans laquelle la gauche ne pourra pas bâtir l’équation de la réussite pour 2012, est aux côtés de
Jean-Pierre Chevènement pour préparer l’alternative aux dégâts de la mondialisation financière et de la déréglementation libérale.

 

La politique étant l’art de peser sur le cours des évènements et de sentir les rapports de force, le MRC va donc accentuer ses efforts d’explication de sa démarche pour que la gauche se mette « à la hauteur des défis à relever ». C’est la justification de la candidature de Chevènement. Tout faire pour que la gauche accède à la présidence de la République en 2012, sur la base d’un programme évitant les déceptions du peuple français au moment de sa mise en œuvre.

C’est au candidat PS de mesurer l’intérêt d’avoir à ses côtés les républicains du MRC dans la campagne électorale, dont on n’imagine pas aujourd’hui à quel point elle sera âpre. Pour ma part, ayant travaillé avec Hollande et Chevènement, je suis persuadé qu’ils se mettront d’accord, mais cela peut prendre du temps et passer par les candidatures des deux au premier tour de l’élection présidentielle.

 

Cet article est le 129ème paru sur ce blog dans la catégorie   Gauche France 

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9 octobre 2011 7 09 /10 /octobre /2011 19:42

L’indispensable recomposition de la gauche

 

La fameuse « parenthèse libérale » (selon l’expression de Lionel Jospin, alors premier secrétaire du PS) que Mitterrand a ouverte en 1983 en décidant d’arrimer la France au néolibéralisme européen, n’a toujours pas été refermée. Le PS n’a pas fait son autocritique. Il est resté sur la ligne Strauss-Kahn.

En proposant l’organisation d’une primaire ouverte pour désigner le ou la candidate socialiste, Arnaud Montebourg espérait faire sauter le verrou qui maintient son parti dans une dépendance libérale et conservatrice (en dehors des aspects sociétaux). C’est ce qu’on peut en déduire à partir de ce qu’il disait en 2007 (propos rapportés par Libération) et en 2009 (intervention à Toulouse lors de l’université d’été du MRC).

 

Arnaud Montebourg commente l'actualité politique française dans Libération - 11 juillet 2007

Le parti socialiste n’est-il pas plus mal en point que jamais ? 

La décomposition d’un système bâti il y a trente ans est une évidence. Il faut revenir sur les raisons de la défaite, d’abord liée au retard stratégique accumulé par le parti depuis une dizaine d’années, à l’incapacité d’écouter la société, de traiter les problèmes et de les affronter. L’immobilisme est devenu une loi de gestion politique au PS, qui préfère l’esquive plutôt que le traitement des questions. Il y a aussi un deuxième retard, qui est organisationnel : notre parti a continué à vivre sur un système à fracturations multiples de chapelles, de courants et d’écuries. Il a cultivé la division, plutôt qu’organisé la recherche des convergences. Ces deux facteurs ont participé à l’échec de notre campagne (…).

 

Arnaud Montebourg veut rassembler la gauche sur de nouvelles bases - 20 novembre 2010 (résumé de son intervention lors de l’université d’été du MRC en septembre 2009 à Toulouse). 

Après le 21 avril 2002, il fallait reconstruire le socialisme, le monolithisme de la pensée du PS devenant dangereux. Il y eut le débat sur la position à prendre au référendum européen le 29 mai 2005. Au Parlement européen, les élus socialistes français s’alignaient sur le Parti Socialiste Européen (PSE), favorable dans tous les pays à la dérégulation.

Le PS présentait comme positif tout ce qui, dans les décisions internationales, allait dans ce sens. Pendant dix ans, il a été impossible de faire bouger le PS sur le libre-échange. La défaite de 2007 a eu un coût énorme pour la gauche.

Sarkozy a pu réconcilier la droite avec les couches populaires. Nous avons une société extrémiste, barbare. Que faut-il faire ? On ne le sait pas encore. Mais, dans les composantes de la gauche, il y a les éléments de renouvellement de l’offre politique. Il manque celui qui tiendra la plume. Comme Jean-François Kahn, je rends hommage à Jean-Pierre Chevènement (…).

Par le rassemblement de la gauche, il faut viser à transformer le système productif et la manière de vivre, en réunifiant les couches sociales sur la base de l’intérêt général et en mettant à contribution les multinationales.

La mondialisation, qui est une dérégulation, spolie nos intérêts industriels, avec des conséquences sur les couches populaires, qui s’éloignent de nous.

Il faut aller vers des reconstructions originales, prenant appui sur l’internationalisme des travailleurs. La question européenne est centrale. Ce n’est plus seulement la question du oui ou du non de 2005. Je suis contre l’élargissement à la Turquie et à d’autres pays. Ce qu’il faudrait, c’est un gouvernement mendésiste qui s’appuie sur les citoyens. La France a des ressources politiques. Elle se relèvera par la démocratie. Comment sortir de ce bourbier ? L’euro survivra-t-il ? L’européen que je suis est inquiet (…).

 

Colloque-mondialisation-Montebourg-JPC-300811-007-T.jpgIl n’y a donc pas de hasard à ce que Montebourg et Chevènement se soient rencontrés à plusieurs reprises.

 

Invité par Montebourg à la Fête de la Rose, Chevènement se fait désirer - 18 juillet 2010

 

Montebourg et Chevènement alliés pour ouvrir un nouvel espace politique - 31 août 2011 

 

Pour sa part, Jean-Pierre Chevènement prépare sa candidature à l’élection présidentielle (voir Pour sortir la France de l'impasse, Chevènement sera candidat en 2012 - 9 octobre 2011). 

 

La recomposition de la gauche est en marche. Si le PS est incapable de remettre en cause son attachement à l’Europe libérale et fédérale, il sera menacé par le rassemblement de celles et ceux qui veulent fermer la parenthèse libérale et protéger la souveraineté de la France.

 

 Cet article est le 128ème paru sur ce blog dans la catégorie    Gauche France

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31 août 2011 3 31 /08 /août /2011 14:23

Les temps sont difficiles, ouvrons un espace pour le peuple français    

 

L’Europe dans la mondialisation : que faire ? C’est sur cette question que Gaël Brustier a ouvert  la réunion organisée conjointement par les proches de Montebourg et de Chevènement dans une salle de l’Assemblée nationale, de 19h à 22 h, mardi 30 août. Les 300 personnes présentes ont eu la satisfaction d’assister à des exposés de haut niveau, reflétant des conceptions valorisantes de la politique.

 

Dans une première partie, Jean-Michel Quatrepoint et Jacques Sapir ont brillamment présenté un tableau réaliste de la situation économique mondiale, puis la parole a été donnée à Olivier Ferrand, arrivé en retard, dont la vision économique est bien différente, ce qui a donné lieu à une vraie controverse, tout particulièrement entre Sapir et lui.  Enfin, les duettistes Arnaud Montebourg et Jean-Pierre Chevènement se sont exprimés avec talent au grand plaisir de leurs auditeurs.

 

Colloque-mondialisation--AM-JPC-300811-014-T.jpgArnaud Montebourg, candidat à l’investiture socialiste, a bien distingué la période des primaires, qui va durer jusqu’au 16 octobre, des choix qui seront à faire ensuite, notamment à l’occasion de l’élection présidentielle. Il considère que la mondialisation est une stratégie, une pensée politique, mise au point par des Français illuminés, dont Pascal Lamy, l’actuel dirigeant de l’Organisation mondiale du commerce (OMC).

Il faut maintenant reconstruire notre économie, en évitant que les efforts déployés n’arrosent le sable, mais on n’évitera pas les efforts. La reconstruction de l’économie passe par la remontée du niveau des salaires, la revalorisation du travail et un meilleur partage des richesses.

Nous entrons dans une période dangereuse pour notre population, qui subit les conséquences de la décision, prise en 2001, de faire entrer la Chine dans l’OMC sans contreparties. Le mal est à l’intérieur de l’euro, frappé du défaut du charpentier (la non prise en compte de la divergence des économies). La politique est devenue impuissante, ne pouvant plus agir sur la monnaie, le budget, la frontière. La voie est ouverte aux révoltes des peuples européens. Qui peut dire ce qui se passera en France en 2012 au moment des élections ?

Cette crise est une crise de surproduction qui ressemble à celle de 1929. Il ne reste plus que la monétisation de la dette pour éviter la chute de l’euro, qui risque d’être aussi la chute de l’Europe. On n’évitera pas la confrontation avec l’Allemagne. Il faudra que les retraités allemands partagent et comprennent qu’on ne peut pas tout avoir. Le système financier devra prendre sa part, à la mesure de ses responsabilités dans la crise.

Il propose dix mesures de définanciarisation et de réinvestissement sur notre territoire. Il faut redonner du travail à la population et confiance à la jeunesse.

 

Jean-Pierre Chevènement ne se situe pas dans le cadre des primaires du PS. Il répond à la question : que pensons-nous de l’avenir de l’Europe ? Nous sommes dans une terrible impasse. La situation est très grave. L’euro est victime de sa conception initiale. C’est une monnaie politique, qui avait vocation à nous faire accomplir le grand saut fédéral. Mais les Allemands ne veulent pas sauter.

Que faire ? Il a transmis ses propositions au président de la République, qui lui a répondu, par téléphone, qu’il est d’accord mais ne veut pas gêner Madame Merkel, la chancelière allemande. La monétisation de la dette serait relativement indolore. C’est le plan A mais ce n’est pas la solution miracle. La prétendue « règle d’or » est, en réalité une règle d’airain, qui mène directement au gouffre.

La crise est celle de l’ensemble du capitalisme financier mondialisé. Les contradictions vont être de plus en plus fortes. Pourra-t-on éviter la catastrophe (notion qui doit être relativisée) ? Il faut prévoir un plan B, qui serait de préserver un toit commun (retour aux monnaies nationales puis euro, monnaie commune).

Le fédéralisme n’est pas possible. Il est, soit idéaliste (on peut leur donner l’absolution…), soit coercitif (c’est un serpent qui se mord la queue…). 

L’Allemagne donne priorité à la lutte contre l’inflation et s’en remet aux USA pour sa défense. C’est un pays vieillissant qui limite son horizon à 10-15 ans. Ne nous laissons pas entraîner sur cette pente-là, qui est un plan de sortie de l’histoire. Nous devons nous battre pour une Europe européenne, donc indépendante, pour un projet qui concerne l’ensemble de l’Europe. Ce projet n’est pas porté dans la vie politique française.

Pourtant, nous avons des atouts, notamment démographiques et géographiques. Il faut préserver l’avenir de nos peuples. Nous semons des germes utiles, qui lèveront  si la volonté est au rendez-vous. Avec Arnaud Montebourg, ouvrons un espace pour le peuple français tout entier. Les temps seront durs. Nos pierres contribueront à unifier un monde difficile.

 

Lire l’article, plus complet, de Philippe Cohen : Chevènement et Montebourg veulent affronter la crise (Marianne2.fr, 31 août)

 

Cet article est le 127ème paru sur ce blog dans la catégorie   Gauche France

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14 avril 2011 4 14 /04 /avril /2011 21:14

La gauche peut-elle laisser détruire l’industrie française ?

 

Cachez cet euro que je ne saurais voir, c’est ce que demande le PS, qui refuse d’évoquer la question monétaire dans son projet tel qu’il a été présenté à la presse. Il a tort, car ce refus d’autocritique nuit à sa crédibilité (Elie Arié, Marianne, 9 avril Projet PS : sans autocritique, pas de crédibilité).

 

Le mutisme des dirigeants socialistes est étonnant, au moment où Adrien de Tricornot (Le Monde, 4 avril) conclut son article ainsi : « La zone euro, plutôt que de punir ses "mauvais élèves", ferait bien de remettre ses dogmes en question » (Zone euro : le remède va-t-il tuer le malade ?).

 

Jean-Pierre Chevènement a été très clair lundi 11 avril devant les étudiants nantais (Voir A Nantes, Chevènement a exposé ses vues sur l'industrie française - 12 avril 2011) :

Il faut redonner à la France toutes ses chances, à condition de repartir d’un bon pied, notamment sur la monnaie, qui est trop forte.  

L’euro, en 1999, devait servir à forger une union monétaire plus profonde dans le cadre d’une fédération européenne. C’est le contraire qui s’est produit. En 2009, les tensions internes dans la zone euro risquent de conduire à la dislocation.

La politique de l’Allemagne, à l’initiative de Schröder, a conduit à des écarts de compétitivité entre l’Allemagne et les autres (10% avec la France, 15% en moyenne, 30% avec la Grèce) et à de grandes différences dans les taux de refinancement de la dette (2,9% en Allemagne ; un peu plus de 3% en France ; 5,5% en Espagne ; 12% en Grèce) qui ne pourront durer longtemps. La Grèce, la première, va être contrainte de faire défaut, car elle ne pourra plus rembourser ses créanciers.  

Repartir d’un bon pied, c’est obtenir de l’Allemagne qu’elle reconsidère la politique européenne, le plan de compétitivité, en regardant du côté des USA  (croissance entre 2,5 et 3%) comment éviter la récession. La France, dont le déficit commercial est de 50 milliards d’euros par an, doit engager un dialogue avec l’Allemagne, dont l’excédent est entre 150 et 200 milliards. Sinon, ce sera la fin de l’euro, monnaie unique, et le repli sur une monnaie commune.  

Repartir d’un bon pied, c’est agir sur le cours de la monnaie, la politique monétaire étant une variable essentielle de la politique industrielle.

 

Universit-d--t-MRC2009-024.jpgCe 14 avril, Julien Landfried, secrétaire national du Mouvement Républicain et Citoyen, s’est exprimé dans le même sens sur le site du Monde :

 

La politique de l'autruche du Parti socialiste sur l'euro

Comment expliquer que l'euro ne soit véritablement évoqué ni dans les trente principales propositions du Parti socialiste pour 2012 ("Priorités 2012"), ni dans son document principal de 50 pages ("Le changement") distribué à la presse ? Il faut se rendre sur son site Internet et se reporter au document intégral de 75 pages du projet pour trouver la trace d'une modeste réflexion sur la gestion de la zone euro. La crise n'y a rien fait : le projet du PS est plus timide que celui de sa candidate de 2007, qui proposait de revenir sur les statuts de la Banque centrale européenne (BCE).

La question de la réorientation de la zone euro (ou, plan B, de sa sortie) est pourtant la question politique cardinale qui se pose dès maintenant et se posera au prochain président de la République française.

La zone euro a en effet produit des performances économiques inférieures aux prévisions, mais aussi aux performances des autres blocs continentaux. Le taux de change de l'euro par rapport au dollar et au yuan est insoutenable pour la majorité des pays de la zone, à l'exception de l'Allemagne, des Pays-Bas et de l'Italie du Nord. Les économies, loin de converger, se sont spécialisées, comme il était prévisible. L'Allemagne a profité à plein de la monnaie unique pour devenir le cœur industriel et technologique de l'Europe. Au contraire, les pays périphérique de la zone euro, en particulier son versant sud (Espagne, Portugal, Grèce), loin de développer une solide économie nationale, ont été victimes de bulles spéculatives, notamment dans le secteur de l'immobilier. On peut désormais schématiser ainsi la géographie politique et économique de l'Europe : un centre de production industrielle (l'Allemagne pour l'essentiel) ; une périphérie faisant office de centre de consommation (le sud de la zone), tirée par le crédit, les subventions européennes et des salaires déconnectés de toute base industrielle. La France, dont la situation est intermédiaire, est prise en étau entre un euro cher, la concurrence des pays émergents et la politique non coopérative de l'Allemagne.

Cette dernière a en effet pu accumuler des excédents commerciaux considérables sur les autres pays de la zone (les deux tiers de son excédent total). Elle a délibérément mené à partir du début des années 2000 une politique économique de restriction de sa demande intérieure (réduction des droits sociaux des salariés et des chômeurs, précarité encouragée avec les "ein euro jobs", augmentation de la TVA) qui est venue s'ajouter à son avantage technologique structurel.

Aujourd'hui, le "pacte de compétitivité" dicté sous la pression d'Angela Merkel, acté par Nicolas Sarkozy et peu critiqué par les sociaux-démocrates de part et d'autre du Rhin, renforce encore les orientations dépressionnistes de la zone euro, au moment même où un quart des Etats membres sont maintenus artificiellement sous tente à oxygène (Grèce, Irlande, Portugal, et bientôt sans doute l'Espagne).

Dans son fonctionnement actuel, la zone euro agit ainsi comme un accélérateur de la destruction de l'appareil industriel français et de la baisse des salaires pour les classes moyennes et populaires.

DEUX SCÉNARIOS

Voilà pourquoi, à l'heure actuelle, et étant donné le niveau de décomposition de la zone euro, un candidat de gauche digne de ce nom devrait prendre à bras le corps cette question et proposer deux scénarios articulant diplomatie et politique économique.

Dans le premier, le gouvernement français issu des urnes en 2012 engagerait une discussion capitale avec le gouvernement allemand autour de trois points prioritaires : une politique monétaire plus dynamique par l'inclusion des objectifs de croissance et d'emploi dans les statuts de la Banque centrale européenne ; un euro "faible" par une politique de change fixant l'objectif d'une parité stricte entre l'euro et le dollar ; enfin le rachat d'une partie de la dette publique des pays de la zone (au sud en particulier) par la BCE. Il faudrait également espérer une victoire de la gauche aux élections législatives allemandes en 2013. Un "intérêt général européen" bien compris devrait pouvoir faire admettre au SPD que l'avenir du salariat européen, allemand compris, ne peut pas se résumer à une dégradation continue des salaires et des conditions de travail. Ce pari suppose que l'Allemagne réalise enfin un aggiornamento de sa politique économique, car elle serait appelée à relancer sa demande salariale pour soulager le reste de la zone. Ce scénario permettrait d'amorcer une réindustrialisation de l'économie française, une réduction des divergences internes à la zone euro et de mettre un coup d'arrêt à la déflation salariale.

Si ce premier scénario s'avérait impossible à mener à bien, alors le plus probable serait un éclatement de la zone euro, les pays du Sud (Grèce, Portugal, Espagne, voire Italie) recouvrant leur liberté monétaire et usant de dévaluations compétitives. L'intérêt de la France serait alors de ne pas se retrouver asphyxiée entre un euro-mark surévalué pour son économie et une Europe du sud redevenue plus compétitive. Une telle configuration sonnerait la fin de l'industrie française et réduirait à néant nos capacités de développement technologique pour le futur. Il nous faudrait donc reprendre notre liberté monétaire, avec une Banque de France soumise au pouvoir politique, un franc dont le cours serait adapté aux besoins de notre économie et un système monétaire européen (re)formé.

Seules une vision lucide et une solide préparation permettront à la gauche de faire face au problème économique central que constitue l'euro cher. L'histoire, et peut-être d'abord l'histoire électorale, sera cruelle pour ceux qui préfèreront la politique de l'autruche à la politique tout court. Il est encore temps pour les socialistes de s'en aviser et de mettre la gauche à la hauteur de ses responsabilités.

Voir http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/04/14/la-politique-de-l-autruche-du-parti-socialiste-sur-l-euro_1506886_3232.html

 

Cet article est le 126ème paru sur ce blog dans la catégorie  Gauche France

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5 janvier 2011 3 05 /01 /janvier /2011 12:27

La direction du PS, prisonnière de son passé libéral

 

La responsabilité de François Mitterrand est évidente dans le choix du PS « d’ouvrir la parenthèse libérale » en 1983  (selon les mots de Lionel Jospin) mais pourquoi ce parti se montre-t-il incapable de revenir sur cette période et sur ses erreurs, qui l’ont conduit à être un acteur du néolibéralisme en France ?

« C'est en lisant le dernier livre* de Jean-Pierre Chevènement « La France est-elle finie ? » qu'on prend conscience de l'importance de ce qu'il appelle « le pari pascalien » de François Mitterrand ». Ce propos est d’un ancien secrétaire national du MRC, Elie Arié, dans un article publié le 4 janvier dans la rubrique Le Monde abonnés.

* Marie-Françoise Bechtel présente le livre de Jean-Pierre Chevènement - 4 janvier 2011

 

Le même Elie Arié revient, dans une tribune publiée sur le site Marianne2, le 4 janvier, sur ce thème développé par Jean-Pierre Chevènement dans son livre.

« Selon Elie Arié, la libre circulation des capitaux au sein de l'Union européenne, depuis son instauration en 1986, a conduit à la multiplication des délocalisations industrielles. Mais les conséquences ne s'arrêtent pas là : fiscalité minorée des hauts revenus et des revenus du capital, privatisations. Et pour lui, le PS n'admet pas pour l'instant ses erreurs passées ».

 

Libre circulation des capitaux en Europe : la responsabilité socialiste

 

" L’euro est l'arbre qui masque la forêt, et les pays européens qui ne font pas partie de la zone euro (Grande-Bretagne, etc.) sont encore plus mal lotis que nous, parce que l' Allemagne ne peut pas «payer pour eux» (même si elle commence à en avoir assez) et qu'ils ne peuvent pas profiter de sa richesse.
Avec l
'Acte unique européen (ou traité de Luxembourg), Thatcher a fait admettre en 1986 à l'Europe la liberté totale de circulation des capitaux non seulement entre États de l' Union européenne, mais avec tous les autres pays de la planète.

Il restait alors un dernier petit verrou, qui a permis de faire avaler la pilule, l
'obligation de procéder préalablement à une harmonisation fiscale : préalable dont Kohl a réussi à imposer la suppression en 1989 - ce qui a entraîné la démission de son Ministre des Finances, Gerhard Stoltenberg,  qui avait compris qu'à terme, ce serait la fin de l'industrie européenne.
Cerises sur le gâteau, c
'est la Commission européenne de Bruxelles (organisme technocratique, et non pas politique) qui a reçu pour mission de veiller à cette libre circulation des capitaux, et la Cour de justice européenne a décrété que le droit communautaire européen primait sur les droits nationaux de chaque pays.

Dès lors, plus rien ne pouvait plus empêcher les délocalisations industrielles en masse, ni les
hedge funds basés dans des paradis fiscaux de sévir en toute liberté, ni la titrisation des créances pourries américaines d’envahir les avoirs des banques européennes et d’y exporter leur crise. L’essentiel étant en place, ce dispositif n’a cessé d’être complété par la suite, par ses conséquences logiques :

- fiscalité minorée pour les revenus du capital (Bérégovoy, 1990), pour les hauts revenus (Fabius sous le gouvernement Jospin), et pour es stock-options (DSK, 1998),
- interdiction de toute défense nationale contre les OPA (directive Bolkestein, votée par les socialistes français au Parlement européen),
- poursuite des privatisations (gouvernement Jospin).

Et, pour revenir en arrière, maintenant que ces dispositions sont intégrées dans le traité de Lisbonne, il faut désormais l'accord à l'unanimité de 27 États-membres ...c'est-à-dire attendre que les poules aient des dents.
Il est pour le moins étonnant qu’aujourd’hui, au parti socialiste, nulle voix ne s’élève pour demander de procéder à un petit examen de conscience sur ses erreurs passées (même celle de Ségolène Royal, pourtant spécialiste en excuses toutes azimuts...) ; ce sera aux historiens qu’il appartiendra d’écrire que, dans l’entrée de la France dans le néolibéralisme, François Mitterrand aura joué un rôle bien plus important que Nicolas Sarkozy".

 

Voir aussi Michel Sorin : ni Sarkozy, ni Strauss-Kahn pour 2012, un républicain ! - 3 décembre 2010

 

Cet article est le 125ème paru sur ce blog dans la catégorie Gauche refondation

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30 décembre 2010 4 30 /12 /décembre /2010 17:24

Se servir de l’analyse marxiste pour refonder la gauche

 

Le congrès socialiste de la SFIO (la seconde internationale ouvrière) avait lieu à Tours du 25 au 30 décembre 1920 (voir par Wikipédia Congrès de Tours). Après les bouleversements de la guerre et la création léniniste de la 3ème internationale, les dirigeants de la SFIO avaient voulu éloigner ce congrès de Paris, mais pas trop. C’est le 29 décembre en soirée qu’une grande majorité de délégués optait pour le rattachement à la 3ème internationale, avec la condition imposée, qui était de rompre avec la SFIO et créer la section française de l’internationale communiste, qui prit ensuite le nom de parti communiste français.

Voir aussi sur le site de la Fondation Jean Jaurès Décembre 1920 : la scission du congrès de Tours.

 

Le quotidien Libération (23 décembre 2010) présentait une vidéo et un entretien (voir «Le PCF doit prendre à bras-le-corps son histoire») de Lilian Alemagna avec l’historien Romain Ducoulombier

Romain Ducoulombier est l’auteur de Camarades ! La naissance du Parti communiste en France (Perrin, 2010). Il revient sur les raisons de la scission, il y a quatre-vingt-dix ans, à Tours, de la SFIO et estime que si «l’idée communiste n’a pas de raison de mourir», le «communisme du XXIe siècle doit encore se composer».

La section PCF du 15ème arrondissement de Paris a pris une position que l’on retrouve sur le blog pcfcapcorse. Voir 90 ans du PCF: rester fidèles aux choix de Tours.

 

La revue Critique Sociale, qui s'inspire du marxisme, en particulier du luxemburgisme (elle milite pour une société démocratique, libre, égalitaire et solidaire : une société socialiste, au véritable sens du terme) a publié un document : 90 ans après, que reste-t-il du Congrès de Tours ? Extrait.

(…) Il faut rappeler que le stalinisme naissant a été dénoncé dès les années 1920 par des militants communistes, qui furent pour cela exclus par la bureaucratie. La dictature capitaliste d'Etat exercée en URSS contre les travailleurs a été critiquée comme telle par de nombreux communistes, par des fondateurs du parti comme Loriot, Souvarine et Monatte, par des communistes anti-staliniens de tous pays, par des luxemburgistes, des conseillistes, d'autres marxistes, des socialistes révolutionnaires, des communistes démocratiques, etc (…).

 

Bien sûr, on peut comprendre que le PCF n’ait pas envie de fêter cet anniversaire. Ce peut être l’occasion, cependant, de réfléchir aux bases sur lesquelles la gauche devrait agir aujourd’hui.

 

Le livre de Gaël Brustier (Edition Bruno Leprince, 2008 - voir rue71), intitulé Les socialistes, les altermondialistes et les autres, propose, à ce sujet, des éléments de réflexion très intéressants. En voici des extraits dans le chapitre « Tout est possible parce qu’un autre monde est possible »

 

Pour changer le socialisme, devenir altermondialiste

 

Aujourd’hui, la mission des refondateurs est de faire en sorte que la vieille social-démocratie, privée de sa mission historique, rompe avec ce pôle attractif idéologiquement qu’est le pôle social-libéral pour bâtir un projet réellement émancipateur. Il est de salubrité historique que ce travail soit accompli. Il implique une prise de conscience par la grande masse du PS qu’il n’a pas reçu l’usufruit exclusif de l’héritage du socialisme. Les citoyens le lui ont fait savoir en plusieurs occasions, un 21 avril et un 29 mai…

 

Les socialistes doivent pouvoir engager un dialogue avec les altermondialistes, mais également avec la partie de l’extrême gauche qui incline pour une stratégie gouvernementale. Les socialistes doivent aussi cesser de penser ou de feindre de croire que le débat porte sur l’acceptation ou non de l’économie de marché. Lucien Herr nous a enseigné que la famille socialiste ne devait laisser personne sur sa gauche.

 

La famille socialiste ne doit pas laisser, par absence de débat, des initiatives stériles empêcher plus longtemps la mise en place d’un véritable processus de transformation politique et sociale. Il est évident que l’entrée de militants républicains au PS dans le but de favoriser une reviviscence du socialisme n’aboutirait à rien si elle ne se faisait en lien plus qu’étroit avec la galaxie altermondialiste et surtout avec ce que nous avons défini comme l’altermondialisme sociologique. De même, pour qu’un dialogue fécond naisse dans le camp progressiste, il faudra ne transiger en rien sur les principes républicains (…).

 

Il convient donc pour la gauche d’enclencher une confrontation des analyses avant de pouvoir mettre en place une stratégie politique de changement social. Il faut d’abord aller au fond des choses : qu’est-ce que la mondialisation et quelle est la géopolitique qui la sous-tend ? C’est à partir de cette analyse que les gauches pourront surmonter leurs contradictions et proposer un projet alternatif à la France.

 

Il s’agit ainsi d’unifier toutes les traditions progressistes : les traditions communistes, socialistes, radicales, républicaines, écologistes, libertaires, altermondialistes, autour d’une analyse et d’un projet communs. Les bases d’un dialogue doivent être trouvées. Rien ne justifiera désormais que la gauche ne sache aller au fond des choses pour sortir la société française de l’impasse et de l’incurie dans laquelle cette République finissante, agonisante et expirante, semble la maintenir (…).

 

Etre marxiste après le marxisme-léninisme

 

L’héritage du marxisme-léninisme n’est pas enviable. Il reste, à bien des égards, un déshonneur pour le socialisme et un dévoiement épouvantable de ce qui est un idéal louable. Le léninisme, sa dimension totalitaire qui s’est parée des oripeaux de la dictature du prolétariat, l’extrême cynisme qui fut celui de l’Internationale communiste, ne doivent pas pour autant faire oublier les apports du marxisme à l’idéal socialiste. (…).

 

Le marxisme a été une méthode précieuse et un fondement de l’action socialiste. On ne peut l’ignorer et l’on se doit de s’interroger : peut-on, et même doit-on, aujourd’hui être marxiste ? Il nous est apparu qu’à bien des égards, c’est l’hétérodoxie marxiste qui, s’appuyant sur les méthodes d’analyse et la critique faites par l’auteur de Das Kapital (…), avait été la plus porteuse de sens et d’espérance.

Au-delà de l’hétérodoxie marxiste, on peut aussi s’interroger sur les bases de l’analyse marxiste et constater que leur apport est essentiel à toute tentative d’analyse de la situation actuelle. « L’histoire de toute société jusqu’à nos jours, c’est l’histoire de la lutte des classes », écrivaient Marx et Engels en 1848.

 

Pourquoi nier que la lutte des classes est une grille de lecture de l’histoire de l’humanité extrêmement valable, même si elle n’est pas la seule ? La social-démocratie s’est longtemps refusée à assumer et constater la lutte des classes. C’est aussi une des raisons de son incapacité à saisir certains ressorts de la politique internationale puisque, consubstantiellement, elle s’est refusée à penser la lutte contre l’impérialisme.

 

Au-delà, dans la méthode marxiste, il y a l’idée fondamentale selon laquelle la critique de l’idéologie et la critique de la réalité ne vont pas l’une sans l’autre. Au contraire, leur complémentarité est source de succès pour le socialisme.

A gauche, par exemple, la critique de l’Europe libérale dont les effets sont réels et ressentis par les classes populaires ne peut être porteuse de sens que si elle est accompagnée de la critique de la représentation idéalisée de l’Europe - l’Europe sociale.

 

Or cette double critique, consubstantielle au marxisme, bien peu à gauche sont encore enclins à la faire. Etre marxiste, c’est d’abord se libérer des représentations imposées, c’est penser hors les mythes et adopter la critique rigoureuse pour méthode d’analyse (…).

Le problème est que le marxisme a fait l’objet d’une captation d’héritage frauduleuse par ses zélateurs orthodoxes. Il s’agit donc de se réapproprier Marx. Cela ne se fera qu’au prix d’une bataille idéologique courageuse (…).

 

Cet article est le 124ème paru sur ce blog dans la catégorie Gauche refondation

 

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18 juillet 2010 7 18 /07 /juillet /2010 19:56

La gauche, pour se reconstruire, a besoin de lui

 

La Fête de la Rose de Frangy-en-Bresse (Saône et Loire), initiée par Pierre Joxe en 1973, est considérée  comme la pré-rentrée politique du PS, une semaine avant l'université d'été de la Rochelle.  

Le député qui a succédé à Pierre Joxe sur cette circonscription bourguignonne, Arnaud Montebourg, actuel président du Conseil général, a annoncé que cette 38ème Fête de la Rose aura lieu le 22 août, avec un invité d’honneur non membre du PS - ce qui est une première - le sénateur du Territoire de Belfort, Jean-Pierre Chevènement, président d’honneur du Mouvement Républicain et Citoyen.

C’est le site d’Europe1 qui, le premier, a diffusé l’information (voir Chevènement invité de Montebourg). Après l’invitation l’an dernier à La Rochelle (Université d'été PS 2009 à La Rochelle : les bases de la refondation - 30 août 2009), doit-on y voir l’intention du PS de se rapprocher de celui qui s’est déclaré disponible pour 2012 (voir La France à la reconquête de son destin) ?

Pas si sûr, car Arnaud Montebourg n’est pas avare d’initiatives personnelles que la direction de son parti ne cautionne pas nécessairement. En l’occurrence, cette invitation est cohérente avec le rôle qu’il souhaite voir jouer par Jean-Pierre Chevènement dans la Rénovation de la gauche (voir aussi Montebourg absent de la convention du PS sur la rénovation). Pour le comprendre, il faut lire ce qui suit.

Montebourg est intéressé par la capacité de l’homme d’Etat Chevènement à avoir une vision - qu’il a démontrée dans le passé (Epinay, puis les programmes du PS) - et « tenir la plume »  de la reconstruction de l’économie, permettant ainsi à la gauche de se reconstruire.

 

Intervention d’Arnaud Montebourg à l’université d’été 2009 du MRC

 

Arnaud Montebourg était l’un des invités du MRC lors de son université d’été 2009 (voir Université d'été MRC à Toulouse : Chevènement appelle à la rupture - 7 septembre 2009).

Il participait, le 6 septembre, au débat général animé par Catherine Coutard en présence de Jean-François Kahn, Paul Quilès et Jean-Pierre Chevènement, sur le thème « Actualité de la réponse républicaine, désuétude du modèle social-démocrate, mort du modèle social libéral ». Voici des extraits de son intervention.

 

Universited-eteMRC2009-067.jpg Après le 21 avril 2002, il fallait reconstruire le socialisme, le monolithisme de la pensée du PS devenant dangereux. Il y eut le débat sur la position à prendre au référendum européen le 29 mai 2005. Au Parlement européen, les élus socialistes français s’alignaient sur le Parti Socialiste Européen (PSE), favorable dans tous les pays à la dérégulation.

Le PS présentait comme positif tout ce qui, dans les décisions internationales, allait dans ce sens. Pendant dix ans, il a été impossible de faire bouger le PS sur le libre-échange. La défaite de 2007 a eu un coût énorme pour la gauche.

Sarkozy a pu réconcilier la droite avec les couches populaires. Nous avons une société extrémiste, barbare. Que faut-il faire ? On ne le sait pas encore. Mais, dans les composantes de la gauche, il y a les éléments de renouvellement de l’offre politique. Il manque celui qui tiendra la plume. Comme Jean-François Kahn, je rends hommage à Jean-Pierre Chevènement (…).

Par le rassemblement de la gauche, il faut viser à transformer le système productif et la manière de vivre, en réunifiant les couches sociales sur la base de l’intérêt général et en mettant à contribution les multinationales.

La mondialisation, qui est une dérégulation, spolie nos intérêts industriels, avec des conséquences sur les couches populaires, qui s’éloignent de nous.

Il faut aller vers des reconstructions originales, prenant appui sur l’internationalisme des travailleurs. La question européenne est centrale. Ce n’est plus seulement la question du oui ou du non de 2005. Je suis contre l’élargissement à la Turquie et à d’autres pays. Ce qu’il faudrait, c’est un gouvernement mendésiste qui s’appuie sur les citoyens. La France a des ressources politiques. Elle se relèvera par la démocratie. Comment sortir de ce bourbier ? L’euro survivra-t-il ? L’européen que je suis est inquiet (…).

 

Cet article est le 123ème paru sur ce blog dans la catégorie Gauche refondation

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