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  • : Michel Sorin
  • : Le MRC 53 est la structure mayennaise du Mouvement Républicain et Citoyen, qui a pour but de rassembler la gauche républicaine à partir, notamment, des idées de Jean-Pierre Chevènement, l'un de ses fondateurs, qui n'est plus membre du MRC depuis 2015. Le MRC a pris le relais du Mouvement des Citoyens (MDC) après les élections de 2002. En 2022, le MRC est devenu membre de la Fédération de la Gauche Républicaine avec quatre autres organisations politiques.
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Articles RÉCents

31 mai 2013 5 31 /05 /mai /2013 22:42

Agriculture, politique nationale et réformes, titres les plus fréquents

 

Depuis 68 mois, au début de chaque mois, je reprends les titres des articles parus le mois précédent sur ce blog (voir Titres des articles du mois précédent). Puis j'adresse un courriel aux amis inscrits sur mes listes de distribution, afin de les informer des thèmes abordés sur ce blog. Ceux-ci évoluent dans le temps, selon l’actualité et mes priorités. Certains portent sur la situation nationale, d'autres sur des questions plus locales.    

 

Depuis 2006, 2522 articles - classés en 50 catégories - ont été publiés sur ce blog.- sans compter les récapitulatifs mensuels. 

 

Michel SorinLes 31 titres en mai se répartissent ainsi :

- Agriculture (7 articles),

- Politique nationale, Hollande, Chevènement, Mélenchon (7 articles),

- Pôle financier public, réformes (5 articles),

- Loi Valls, réformes électorales, décentralisation (2 articles),

- Energies, climat (2 articles),

- Europe, euro, politiques néolibérales, consensus de Berlin (2 articles),

- Culture, Lise Tatin (2 articles),

- 70 ans du CNR (1 article),

- Projet de loi enseignement supérieur, cours en anglais (1 article),

- Conseils de discipline pour les praticiens des hôpitaux (1 article),

- Associations, diminution des financements publics (1 article).

 

Titres des articles parus en mai 2013 sur http://mrc53.over-blog.com  

 

Lise Tatin le 28 mai à Laval : la vie d'une femme servant l'art et Tatin (31 mai)

 

Patrick Nivet : 14 ans de commissions de discipline des hôpitaux publics (30)

 

François Hollande impose une réforme des retraites, non sans risques (29)

 

70 ans du CNR : Daniel Cordier et le téléfilm au coeur de la Résistance (28)

 

Le contexte énergétique mondial, étudié lors du colloque Res Publica (27)

 

Jean-Yves Griot : paysan solidaire, humaniste cohérent et persévérant (26)

 

Soirée organisée à Laval par l'association Inner Wheel avec Lise Tatin (25)

 

Patrick Le Hyaric, député européen : préserver les fermes familiales (24)

 

Lucien Bourgeois et l'efficacité du système productif agricole français (23)

 

MARS : débat sur les marges de manoeuvre pour la France dans la PAC (22)

 

Agriculture : L Bourgeois compare l'histoire de la France et de l'Allemagne (21)

 

Décentralisation : la Commission des lois du Sénat transforme le projet (20)

 

Loi Valls réformant les élections locales : aval du Conseil Constitutionnel (19)

 

L'Allemagne impose son consensus de Berlin à l'ensemble de l'Europe (18)

 

JP Chevènement attend de F Hollande qu'il sorte la France de la crise (17)

 

Le républicain Chevènement s'exprime en toute liberté sur France 24 (16)

 

Les éleveurs laitiers, victimes de la politique européenne et de la LME (15)

 

Accumulation de CO2 : le collectif Sauvons le climat réagit et s'inquiète (14)

 

Alain Gély confirme que Jean-Luc Mélenchon n'est pas un rassembleur (13)

 

Projet de loi Fioraso (enseignement supérieur) : porte ouverte à l'anglais (12)

 

Le tribun Mélenchon cite Jaurès mais n'en a pas l'esprit rassembleur (11)

 

La victoire du 10 mai 1981 avait été préparée par le PS pendant 10 ans (10)

 

Fête de l'Europe le 9 mai : la déclaration fondatrice de Robert Schuman (09)

 

François Hollande : prouver qu'il est un vrai président de la République (08)

 

Les associations fragilisées par la diminution des financements publics (07)

 

Collectif pour un Pôle public financier : maintenir la Banque de France (06)

 

Collectif pour un Pôle public financier : la BPI est loin des espérances (05)

 

Collectif pour un Pôle public financier : la réforme bancaire ne règle rien (04)

 

Collectif pour un Pôle public financier et Crédit Immobilier de France (03)

 

Le Pôle public financier fait le bilan de la première année de Hollande (02)

 

Prix des céréales à la hausse : Lucien Bourgeois pour une régulation (01)

 

 Cet article est le 68ème paru sur ce blog dans la catégorie Titres des articles du mois précédent

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31 mai 2013 5 31 /05 /mai /2013 21:02

Un parcours original raconté avec talent et précision

 

La soirée, organisée par l’ONG féminine Inner Wheel, s’est déroulée comme la présidente, Nelly Hamon, l’avait annoncé (voir Soirée organisée à Laval par l'association Inner Wheel avec Lise Tatin - 25 mai 2013) 

Nous avons fait le choix de recevoir Lise Tatin, mardi 28 mai, dans le magnifique cadre de la chapelle du lycée Ambroise-Paré, pour ce qu’elle représente, une femme hors du commun. Cette narratrice née viendra nous parler de sa vie de jeune provinciale arrivant à Paris, de sa rencontre avec Robert Tatin, de son rôle de femme auprès de l’artiste et de la création du musée Robert-Tatin.

 

Après le mot d’accueil de la présidente, Marie-Hélène Dubois présentait Lise Tatin et orientait, par ses questions, le contenu de son intervention. Le public était venu nombreux dans cette magnifique salle qui était, historiquement, la chapelle du lycée Ambroise Paré.

 

Lise a captivé son auditoire en parlant d’abord de son enfance dans une grande famille paysanne de Haute-Saône.

 

Ce qu’elle a dit n’étant pas public, je me limite à écrire ceci.

 

Lise a bien fait ressortir son besoin de liberté dans une famille joyeuse mais rigide (son père), qui ne comprenait pas ses aspirations.

 

A vingt ans, avec la complicité de son frère, elle est partie dans la région parisienne. Elle était attirée par l’art, voulait être chanteuse, mais les circonstances l’ont amenée à rencontrer Tatin à la sortie d’une exposition.

 

Hasard ? Pas tout à fait car elle voulait aller vers l’art et il souhaitait qu’elle s’intéresse à son activité de peintre. Il avait besoin de Lise, de sa jeunesse et de son énergie et, pour elle, c’était le moyen de vivre son rêve de liberté et de pratique de l’art.

 

Elle fut un parfait ouvrier, qui assurait aussi la gestion de la maison et était de plus en plus seule sur le chantier car, à la fin de sa vie, Robert était fatigué et avait besoin de peindre pour s’assurer d’un revenu. L’un ne pouvait se passer de l’autre. C’était une véritable symbiose.

 

Ce n’est pas facile d’être la femme d’un artiste. Quand il ne crée pas, c’est un enfant fragile et quand il crée, c’est l’enfer mais c’est extraordinaire. Elle en ressort enchantée de sa vie, cela lui a donné une force extraordinaire face aux aléas de la vie. Son plaisir, c’était d’aider l’artiste. C’était une forme de dévouement sans limites et sans en attendre de résultats.

 

Lise se définit comme une révoltée en permanence qui a besoin de s’exprimer librement, qui voulait à ses côtés quelqu’un qui la surprenne tous les jours…

 

Nom : Henriot, épouse Tatin

Prénom : Elisabeth (Lise, pour beaucoup, Liseron pour Robert Tatin)

Née le 15 octobre 1939 à Champlitte (70600) ; 4ème d’une famille de 5 enfants

Jusqu’à 20 ans, Lise travaille à la ferme de ses parents

Départ pour Paris en février 1960

Rencontre de Robert Tatin en décembre 1961

Mariage le 11 mai 1962 à Vence (06140)

Arrivée à la Frénouse (Cossé-le-Vivien 53230) le 26 mai 1962

Décès de Robert Tatin le 16 décembre 1983

Départ de la maison de la Frénouse le 31 décembre 1987

 

Cet article est le 21ème paru sur ce blog dans la catégorie Culture langue medias histoire

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30 mai 2013 4 30 /05 /mai /2013 21:52

Les médecins hospitaliers sont parfois sanctionnés

 

La revue n° 235 (janvier à mars 2013) « Les médecins des hôpitaux publics » a publié en « Point de vue » les réflexions de Patrick Nivet (voir Les médecins des hôpitaux publics" Janvier/Mars 2013) qui font suite à son expérience de membre, suppléant puis titulaire, de la commission de discipline des praticiens hospitaliers, section médecine et spécialités médicales, depuis 1999.

 

Non, les Praticiens hospitaliers ne sont pas à l'abri de sanctions disciplinaires.

De 1999 à 2013, 14 ans de commissions de discipline...


 La commission de discipline existe depuis la création du statut de praticien hospitalier en 1984 ; elle a traversé jusqu'a ce jour toutes ces années sans grandes modifications. Sa composition et les sanctions sont les mêmes.  Seule l'autorité de décision a changé puisque, depuis  2007 avec la création du centre de gestion des carrières des praticiens, le ministre n'est plus l'autorité de décision ; c'est le (la) directeur (trice) du centre de gestion.
Les procédures ont un peu évolué avec la loi HPST : le Conseil d'administration a été supprimé, le conseil de surveillance ne l'a pas remplacé dans ce rôle ; seul celui de la CME est dorénavant pris en compte avec celui de L'ARS.

Le conseil de discipline est sollicité par le centre de gestion. Lorsque la sanction qu'il envisage ne relève que du blâme ou de l'avertissement, il n'est pas obligé de le faire, Il peut prononcer ces sanctions directement.
Autrement dit le conseil de discipline n'est réuni que parce que l'administration souhaite ou envisage une des sanctions les plus lourdes : révocation de la carrière de PH, mutation d'office , rétrogradation d'échelon ou suspension pour une durée ne pouvant excéder six mois avec suppression totale ou partielle des émoluments.

Siégeant depuis plus de dix ans dans la  commission de discipline des spécialités médicales, d'abord comme suppléant puis comme titulaire, j'ai revu les dossiers rencontrés, repris contact avec les praticiens concernés pour essayer a l'heure du pacte de confiance promis par la nouvelle Ministre de la santé de tirer un bilan et éventuellement faire des propositions.

Quelques considérations s'imposent

1) Etre traduit devant la commission de discipline est pour chaque praticien concerné une formidable épreuve, en elle même une sanction très lourde pour des praticiens qui, en général, on fait des erreurs mais qui, le plus souvent, aussi sont de bons praticiens très impliqués dans leur vie professionnelle. Il ne s'agit pas de la commission d'insuffisance professionnelle.
Dans la liste des mis en cause que j'ai revisitée, un d'entre eux ne l'a pas supporté au point de mettre fin à ses jours par pendaison avant même la commission, laissant toute une famille dans la désespérance (il avait 40 ans...).
Le parcours est long, s'étire sur des mois, le plus souvent un ou deux ans. La plupart sont suspendus par le directeur de leur établissement, le plus souvent très brutalement avec interdiction de pouvoir aller dans leur bureau, ce qui ne manque pas de les gêner dans l'élaboration de leur défense. Cette dernière est le plus souvent à leur charge; quand les praticiens concernés peuvent faire jouer une assurance (Cham, Sou Médical...), ils se plaignent souvent de la médiocre prestation  des avocats qui leur sont fournis, essentiellement d'ailleurs par manque de connaissance du milieu et des habitudes médicales. Pour les autres, les frais sont vite très élevés.

2) Les praticiens hospitaliers peuvent être inculpés devant trois juridictions et être condamnés à une triple peine. Bien sûr, celle que peut leur infliger le centre de gestion après avis de la commission de discipline, mais aussi le conseil de l'ordre et les tribunaux civils, si l'un ou l'autre ou les deux ont été saisis. Cette triple mise en cause possible va à l'encontre de l'idée qui a parfois eu cours d'une certaine protection de la profession médicale, hospitalière en particulier.

Le calendrier de mise en oeuvre de ces juridictions  n'est pas anodin et peut avoir un effet sur les avis émis tout autant pour les aggraver que les rendre plus cléments par ce que l'on pourrait appeler un effet boule de neige dont il faut se méfier.

3) La plupart des praticiens qui ont été jugés ne se plaignent pas  des conditions d'écoute par la commission qui comprend six représentants de l'administration, six membres élus de syndicats Praticiens hospitaliers et un conseiller d'Etat comme président.
La lecture du rapport de l'IGAS est un moment évidemment difficile mais l'inculpé comme son avocat peuvent s'expliquer tout autant qu'ils le souhaitent et répondre aux questions posées par les membres de la commission. Les témoins sont possibles ; il faut d'ailleurs conseiller à la défense d'en amener ne serait ce que pour équilibrer ceux de l'accusation qui, de plus en plus, ne s'en prive pas.

4) La commission émet un avis, parfois à une large majorité, dans d'autres cas les votes sont plus difficilement acquis. C'est le Président qui rapporte le résultat des débats et des votes à l'autorité de tutelle.

En fait sur les dix huit cas répertoriés dans mon expérience, 9 fois l'avis de la commission a été suivi, dans sept cas il ne l'a pas été. Une seule fois le ministre ou le centre de gestion ont eu un avis plus modéré que la commission. Par contre, sept fois la peine a été aggravée, notamment deux mutations d'office se sont transformées en révocation. Renseignements pris, dans les deux cas les praticiens ne se sont pas relevés ni professionnellement ni humainement. Leur histoire personnelle prenant un tour absolument tragique.
Au contraire, lorsque la décision finale a suivi celle du conseil de discipline, la plupart des suites ont été, sinon acceptées avec enthousiasme, en tout cas vécues sans drame avec le plus souvent une poursuite de la carrière hospitalière dans de bonnes conditions. Une exception quand même pour une décision arrachée a une voix, mutation d'office d'un praticien qui ne l'a pas acceptée et a préféré s'installer dans le privé.....
Dans plusieurs dossiers, la commission a pu, après un débat approfondi, transformer des propositions de sanction graves en blâme, avertissement ou même en disculpation totale. Deux cas de ce type ont demandé un suivi efficace pour permettre le retour dans l'hôpital du praticien concerné.
Il faut a ce sujet faire très attention à la mutation d'office; sanction commode pour éloigner le praticien de son établissement, quelque soit l'importance des faits reprochés.... Les autres sanctions moins sévères et mieux adaptées impliquant le retour du PH dans son hôpital d'origine. La sanction se confond avec la solution...

5) Quant à la nature des problèmes posés, il faut remarquer une certaine diversité (Suspicion de pédophilie... suivi de patients post accident thérapeutique, euthanasie, non déclaration de maltraitance) mais  beaucoup de dossiers retracent des difficultés entre le praticien et des membres de l'équipe médicale et plus souvent encore entre le Praticien et le personnel infirmier. Très souvent le directeur prenant fait et cause contre le praticien contesté, la CME jouant rarement un rôle d'apaisement. Des praticiens n'arrivent pas a éviter le développement de véritables cabales contre eux, ils ne voient pas venir l'orage qui les prend au dépourvu et ne peuvent le conjurer à temps.

Conclusions ?

Certes, il serait intéressant de connaître le nombre et les garanties des praticiens directement jugés par le CNG à la hauteur de l'avertissement ou du blâme. Néanmoins, au bout du compte, cette procédure paraît dans l'ensemble assez adaptée, ce qui explique sa pérennité.
Pour autant, la suspension est souvent trop vite prononcée par le directeur de l'établissement dans des conditions qui ne respectent pas la dignité du praticien d'autant que l'instruction du dossier est forcément longue. Très vite, dans beaucoup d'affaires, la presse locale et (ou) nationale s'empare du dossier ; le Praticien perd tout droit à la présomption d'innocence avant que d'être condamné.
Quand la sanction, ou l'absence de sanction, permet  le retour du praticien dans son hôpital, il doit être accompagné par l'administration (au lieu du contraire parfois constaté ???)
Il faut se méfier de l'effet cumulatif mécanique des peines prononcées par des juridictions différentes dont le temps judiciaire et les moyens d'instruction sont différents.
Dans le cadre des mutations d'office, les hôpitaux sollicités doivent faire preuve de compréhension plutôt que de réserves. En général, les praticiens qui acceptent la sanction sont très désireux de mener une carrière dorénavant sans histoire (chat échaudé craint l'eau froide). L'expérience du reclassement de plusieurs d'entre eux (quatre dans mon expérience) est à ce sujet très convaincante.

Dans tous les cas, le rôle des syndicalistes que nous sommes, c'est bien sûr de ne pas défendre les yeux fermés nos collègues mais néanmoins de garder vis-à-vis d'eux une capacité d'écoute, voire de conseils, en tout cas de confraternité, qui leur a parfois manqué.

 

Cet article est le 61ème paru sur ce blog dans la catégorie Santé et sécu sociale.

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29 mai 2013 3 29 /05 /mai /2013 20:40

Loin du programme du Conseil national de la Résistance 

 

Nous étions prévenus. Voir Retraites : le sous-emploi conduit à de nouvelles et difficiles décisions - 9 mars 2013. Mais le pouvoir exécutif semble avoir décidé de s’engager sans tarder dans une nouvelle réforme des retraites, sous la pression de la Commission européenne et des marchés financiers, face à un déficit plus élevé que prévu des comptes sociaux. 6

Certes, François Hollande a tenu à préciser que c’est à Paris que se prennent ces décisions, pas à Bruxelles. Voir Hollande : Bruxelles "n'a pas à nous dicter ce que nous avons à faire" (Le Monde, 29 mai 2013).

 

Mais, au moment de commémorer les 70 ans du CNR : Daniel Cordier et le téléfilm au coeur de la Résistance - 28 mai 2013, celles et ceux qui ont lutté en 2010 contre la réforme Sarkozy se demandent aujourd’hui : Que reste t-il du programme du Conseil national de la résistance ? (La Tribune, Jean-Christophe Chanut, 27 mai 2013).

 

C’est le cas des militants de REsistance SOciale qui font part de leurs réflexions dans ce communiqué (27 mai 2013) :

 

Alerte, réforme des retraites !

Lors de sa conférence de presse du 16 mai, le Président de la République a donné les axes et le calendrier d’une nouvelle réforme des retraites :

- « Déficit… prévu à 20 Md€ en 2020… Je refuse… » On est dans la séquence habituelle : campagne médiatique, « trou », rapports, réforme.

- Retraites désindexées de l’inflation, comme l’AGIRC et l’ARRCO, pour lesquels « les partenaires sociaux ont pris leurs responsabilités » (pas tous en réalité) en acceptant pour les 3 prochaines années une revalorisation de 1 point inférieure à l’inflation.

Après la taxe, l’augmentation de la CSG des retraités est souvent évoquée… au nom de la justice.

- Nouvel allongement de la durée de cotisation pour le taux plein : « dès lors que l’on vit plus longtemps,…on devra travailler aussi un peu plus longtemps. »

- Menace sur les régimes de fonctionnaires, les régimes spéciaux, au nom de la lutte contre les « inégalités » : « Inégalités entre régimes, inégalités aussi qui frappent les femmes ou ceux qui ont des carrières incomplètes… ». Ces régimes (Programme National de Réforme soumis à Bruxelles) sont « éclatés » et « complexes ». Est-ce un ballon d’essai pour une réforme « systémique », à points, chère à certaines organisations ?

Noter que baisser les retraites ouvre automatiquement la voie à la capitalisation

« Concertation », qui ressemble à un passage en force, pour ce projet de réforme déjà bien balisé : « Elle s’ouvrira dès la Conférence sociale du mois de juin et se poursuivra jusqu’à la fin de l’été ». Une procédure encore plus accélérée que l’ANI se profile.

Le contexte est inquiétant : « Règle d’or », Pacte pour l’euro plus, TSCG, semestre européen…

Le délai de 2 ans « consenti » par la Commission européenne pour parvenir aux 3 % de déficit (qui implique des coupes massives sur les services publics et la Sécu) doit s’accompagner d’une nouvelle réforme du marché du travail, la réforme des retraites, une plus grande libéralisation des services et des biens (entre autres SNCF, EDF-GDF).

La « compétitivité » devrait être rétablie par la baisse des salaires et des cotisations sociales patronales (l’ANI ne suffit déjà plus). Ça prive la Sécurité sociale de ressources, creuse encore plus le « déficit ». Il faudrait faire l’inverse.

Livre blanc retraites de l’UE : « Les réformes de la sécurité sociale … ont bien progressé dans plusieurs pays, dernièrement en République tchèque, en Grèce, en Espagne et en Italie… »

Une énorme pression est exercée par les « marchés », le patronat, la droite, la troïka…

Au-delà d’analyses et propositions qui peuvent être différentes, nous appelons :

- à résister à une réforme qui, comme les précédentes, ne ferait qu’aggraver la situation. D’autres solutions existent ;

 - à lutter contre les tentatives d’opposer les générations entre elles, le privé au public… ;

 - à informer dès maintenant les salariés, la population, à préparer la mobilisation unitaire pour éviter que ces menaces se matérialisent, à défaut lutter victorieusement contre.

Dans Marianne, 28 mai 2013, Laurent Mauduit fait part de son incompréhension : Retraites : la mauvaise réforme au mauvais moment
En voulant aller vite, le gouvernement prend donc le risque de faire l'impasse sur un débat majeur : croit-on vraiment qu'il est possible de rétablir l'équilibre des régimes de retraite dans un contexte de chômage historique?

Est-ce de la désinvolture ? Ou bien de la maladresse ? Voire du cynisme ? En tout cas, le fait est là, stupéfiant : le gouvernement a lancé la prochaine réforme du système des retraites de la plus mauvaise des façons. Comme s'il se moquait éperdument des réactions d'indignation que cela pourrait susciter dans l'opinion et notamment dans les milieux les plus modestes.

Ce qu'il y a de stupéfiant, c'est d'abord la forme retenue par l'Elysée et Matignon pour promouvoir cette réforme. Nulle véritable concertation ! Nul débat approfondi pour tenter de trouver des pistes nouvelles ou originales - il en existe ! - qui n'aggravent pas encore davantage la politique d'austérité. C'est à la hussarde que les dirigeants socialistes ont visiblement choisi d'agir.

Après le défilé au pas de course, le 13 mai, de tous les dirigeants syndicaux et patronaux dans le bureau du Premier ministre, puis un nouvel et bref échange, les 20 et 21 juin, à l'occasion de la prochaine conférence sociale - qui aura de nombreux autres dossiers à son ordre du jour -, la consultation, si on peut appeler cela ainsi, sera bouclée. Et, en deux temps, trois mouvements, un projet de loi sera couché sur le papier pour être entériné à l'automne par le Parlement.

Au diable la démocratie sociale ! C'est donc au pas de charge que tout cela va être mené. A la baguette ! Et s'il en sera ainsi, si les partenaires sociaux n'auront quasiment pas leur mot à dire, c'est que, sur le fond, les dés en sont déjà jetés. François Hollande n'a en effet pas même pris soin de sauver les apparences et de faire croire que toutes les bonnes idées étaient les bienvenues.

Non, dès le 28 mars, il a signifié par avance, sur France 2, que, pour financer les 20 milliards d'euros de déficit des régimes de retraite attendus en 2020, « il va falloir faire des efforts », et notamment accepter un allongement des durées de cotisation. « Ceux qui auront cotisé longtemps devront partir à temps. Mais la durée de vie s'allonge. La durée de cotisation devra s'allonger aussi », a-t-il prévenu. Plusieurs ministres ont, dans le même temps, suggéré qu'une désindexation des retraites pourrait venir compléter la réforme (…).

Cet article est le 48ème sur ce blog dans la catégorie Les retraites

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28 mai 2013 2 28 /05 /mai /2013 22:33
L’esprit de la Résistance, toujours aussi nécessaire
 
C’est dans l’Humanité qu’on trouve la célébration la plus complète du 70ème anniversaire du Conseil national de la Résistance. Voir (27 mai 2013) le numéro spécial à l'occasion des 70 ans du CNR. Le 27 mai 1943, sous l’égide de Jean Moulin, les représentants des mouvements de résistance se regroupent sous l’autorité du Conseil national de la Résistance. Dix mois plus tard, paraît son programme : «les Jours heureux». Voir Programme du Conseil national de la Résistance.

 

Ce jour-là, 48, rue du Four, à Paris, dans l’appartement de René Corbin, s’unifie, sous l’autorité de Jean Moulin, l’ensemble des mouvements de résistance français. Ce jour-là, les résistances devinrent «la Résistance». Posons le décor. Hiver 1942-1943. À l’Est, la guerre bascule. Embourbées à Stalingrad, les armées nazies plient devant l’Armée rouge. La nouvelle court les maquis et accrédite l’idée que le IIIe Reich n’est pas invincible. Constant Paisant, un des FTPF qui s’illustrera en 1944 aux Glières, se souvient: «Ce coup fatal à l’Allemagne, c’était le vent de l’espérance. Il nous porta au long de nos combats, particulièrement dans la tragédie du plateau où allaient mourir plus de 150 camarades.» (Michel Etiévent)

 
Daniel Cordier - ancien secrétaire de Jean Moulin dans la Résistance, devenu historien sur le tard afin de défendre la mémoire de Jean Moulin - a été à l’origine de la réalisation du téléfilm diffusé par France 3 en deux épisodes les 25 et 26 mai.
Voir L'esprit de la Résistance (Marianne, Eric Conan, 25 mai 2013)
Daniel Cordier : "Je voulais tuer des boches" (Nouvel Observateur, 25 mai 2013).
 
Le président de la République a salué les 70 ans du CNR
 
Pour les 70 ans de la création du CNR, Hollande au lycée Buffon. Il y a soixante-dix ans, le 27 mai 1943, se tenait en plein Paris occupé la première réunion du Conseil national de la Résistance (CNR), symbole de l'unification de la Résistance intérieure confiée à Jean Moulin par le général de Gaulle. François Hollande s'est rendu au lycée Buffon avec des membres du CNR.
 
 
François Hollande contre la vichymania (Marianne, Eric Conan, 28 mai 2013)

Comme le dit L’Humanité, ce fut un « service minimum », guère à la mesure de cet évènement qui symbolise l’unité de la Résistance française auquel était difficilement parvenu Jean Moulin en rassemblant les principaux mouvements, partis et syndicats clandestins derrière le Général De Gaulle alors que celui-ci faisait face à l’hostilité des Alliés qui lui préférait le Général Giraud et ses ambiguïtés vis-à-vis de Vichy.
Ce 27 mai 1943 fut donc une date essentielle pour l’avenir car cette unification politique de la Résistance de la droite aux communistes autour du gaullisme de guerre, assurera une place pour la France aux côtés des vainqueurs et permettra au pays d’éviter le schéma confus et violent des Libérations grecque ou yougoslave.

Pour cette journée, le président de la République s’est contenté d’un déjeuner avec quelques résistants - dont Daniel Cordier, le secrétaire de Jean Moulin - et d’une visite en leur compagnie au Lycée Buffon dont cinq lycéens résistants furent fusillés par les nazis. Pour des raisons inexpliquées, la cérémonie envisagée au 48 rue du Four, à Saint-Germain-des-Prés où eut lieu la réunion du Conseil de la Résistance a été annulée.
Et ce sont surtout des préoccupations du présent qui ont émaillé le discours de François Hollande. « Ce qui a été possible (reconstruire le pays, redresser la France) doit encore être possible », a-t-il précisé en notant que ces chefs résistants réunis Rue du Four éprouvaient « ce sentiment que demain peut être meilleur qu’aujourd’hui » (…).

Cet article est le 32ème paru sur ce blog dans la catégorie Personnalités et célébrations

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27 mai 2013 1 27 /05 /mai /2013 22:00

Quelle politique énergétique pour la France et l’Europe ? 

 

La Fondation Res Publica (Voir Présentation de la Fondation) annonce un prochain colloque de grand intérêt sur le thème de l’énergie.  

La France et l'Europe dans le nouveau contexte énergétique mondial  

Lundi 17 Juin 2013 à 18h - 28 rue Saint-Dominique 75007 Paris.  

Avec la participation de :
- Olivier Appert, président du Conseil français de l'énergie (section française du World Energy Council)
- Jean-Paul Bouttes, directeur de la Stratégie et de la Prospective et Chef économiste du Groupe EDF
- Thierry de Montbrial, directeur de l’IFRI

- Etienne Beeker*, économiste de l'énergie, auteur de "La transition énergétique allemande est-elle soutenable ?" (Note d'analyse du Centre d'Analyse stratégique, n° 281, septembre 2012)
- Jean-Pierre Chevènement, président de la Fondation Res Publica

 

* Etienne Beeker a cosigné (avec Jean Syrota) cet article publié le 6 mai 2013 par Les Echos :

 

  Transition énergétique : le contre-modèle allemand  

 

L’Allemagne a fondé son développement industriel sur le charbon (houille et lignite), dont elle continue à subventionner la production Aujourd’hui encore, rien que pour assurer 45% de sa production d’électricité, elle en consomme plus de 200 millions de tonnes par an qui sont la première source des fortes émissions de CO2 du pays. Ainsi, en moyenne, un citoyen allemand émet moitié plus de ce gaz à effet de serre qu’un citoyen français (10,3 tonnes par an contre 6,3), pour une consommation d’énergie et un niveau de vie comparables.

L’action du gouvernement allemand, ces dernières années, dans le domaine de l’énergie, a été axée principalement autour de :

- la construction de 23 centrales électriques au charbon,

- l’inauguration d’un nouveau gazoduc, Nordstream, permettant des importations massives et directes de Russie,

- un fort développement des énergies renouvelables intermittentes (éolien et photovoltaïque) et de la biomasse avec des cultures dédiées

- une attitude cahoteuse et imprévisible concernant l’avenir du nucléaire, qui faisait l’objet d’un consensus favorable jusqu’en 1998 ; une coalition SPD-Verts planifie alorsla sortie progressive du nucléaire, avec 2020 comme échéance. En 2010, le gouvernement dominé par la CDU prolonge la durée de vie des réacteurs jusqu’en 2036 puis, après l’accident de Fukushima, en 2011, ramène cette date à 2022 et fait arrêter huit réacteurs, dans le cadre d’une transition énergétique, ou « Energiewende ». L’Energiewende : une gigantesque ambition nationale et déjà des interrogations.

 

Ce programme acte l’abandon du nucléaire en Allemagne, mais projette également, d’ici 2050, celui des énergies fossiles (lignite, charbon, pétrole et gaz, qui ont produit plus de 60% de l’électricité en 2012), pour les remplacer par des énergies renouvelables (ENR). Il doit surmonter d’ores et déjà des difficultés considérables, même pour un pays qui ne manque ni de capacités financières, ni de compétences technologiques et qui a pu compter jusqu’à présent sur la mobilisation de ses citoyens :

- la population supporte de plus en plus difficilement un prix de l’électricité qui ne cesse de grimper,

- la production des ENR (éolien et du solaire), par nature intermittente, engendre déjà une très forte volatilité, difficile à gérer, de la puissance produite et des prix ; elle a aussi pour effet de réduire le temps de fonctionnement des centrales à gaz au point de les rendre non rentables, ce qui favorise l’usage du charbon (dont le prix est en baisse, en raison de l’arrivée sur le marché de la production de gaz de schistes aux Etats-Unis),

- les quatre grands électriciens nationaux sont fragilisés, alors qu’ils fournissent la plus grande partie des besoins du pays avec leurs centrales conventionnelles, fermant des unités de production et licenciant massivement du personnel,

- l’Allemagne est en passe de perdre le pari industriel qui visait à mettre sur pied une filière solaire. La concurrence chinoise, conjuguée à la baisse des subventions à cette énergie, ont eu raison des principales start-up du pays, présentées naguère comme des fleurons technologiques,

- il faut construire les milliers de km de nouvelles lignes indispensables pour acheminer la production des ENR, spécialement celle des éoliennes implantées massivement en mer dans le nord-ouest de l’Allemagne, alors que la consommation est élevée dans le sud-est ; le raccordement des éoliennes de la mer du Nord prend dès à présent de longs retards.

Peter Altmaier, ministre fédéral chargé de l’environnement, dans une déclaration faite à la Frankfurter Allgemeine Zeitung le 19 février dernier, a annoncé que mille milliards d’Euros seront nécessaires à l’Allemagne d’ici 2030-2040, pour la seule sortie du nucléaire.

 

Un coût global qui serait insupportable par la France

Ce chiffre est astronomique - il correspond à la moitié du PIB français, mais il ne concerne que 22 tranches nucléaires, alors que la France aurait 58 tranches à arrêter. La France pourrait-elle supporter de perdre un an de PIB réparti sur 40 ans, soit 2,5 points par an ? Si la riche Allemagne disposant d’un excédent commercial important a peut-être les moyens financiers de son aventure énergétique, la France, endettée de presque un an de PIB et cherchant à réduire cet endettement, souffrant, de plus, d’un déficit commercial inquiétant, a toutes chances de ne pas les avoir.

Les tarifs de l’électricité favorables aux ménages en France, favorables à l’industrie en Allemagne ; l’avenir de l’industrie française en jeu

 

Il faut également tenir compte des cultures tarifaires spécifiques à chacun des deux pays. Si la France bénéficie, grâce à l’hydraulique et au nucléaire, de prix relativement bas de l’électricité, c’est le secteur résidentiel qui en a le plus profité ; le chauffage électrique a été la cible commerciale d’EDF depuis le début des années 1970 et, pour l’atteindre, le tarif domestique n’a pas intégré le surcoût de la production de l’électricité en hiver ; ainsi, la France est l’un des très rares pays européens où le chauffage électrique s’est massivement développé. Mais, en contrepartie, l’industrie n’a pas bénéficié des prix aussi bas qu’elle aurait dû ou pu avoir. La stratégie allemande est inverse : pour elle, la compétitivité est un enjeu primordial ; les coûts de l’électricité sont globalement plus élevés qu’en France, mais l’industrie est relativement protégée aux dépens des ménages. Ainsi, les particuliers paient leur kWh deux fois plus cher en Allemagne qu’en France, alors qu’en moyenne l’industrie allemande paie son électricité seulement 20% plus cher que l’industrie française. Bien plus, certains industriels électro-intensifs allemands bénéficient d’un prix de l’électricité moins élevé que leurs homologues français grâce à d’importantes exonérations, une rémunération importante de leur interruptibilité et un tarif d’accès au réseau fort avantageux.

L’arrêt du nucléaire se traduira par une augmentation massive du prix de l’électricité. Qui va payer ? Il suffit d’évoquer les débats qui agitent notre pays chaque année lorsque le prix de l’énergie doit augmenter tant soit peu, que ce soit pour le gaz, l’électricité ou les carburants et les dispositions sans cesse renforcées afin de réduire la précarité énergétique, pour pouvoir affirmer que les particuliers continueront d’être largement protégés, ce qui se traduira par une perte importante de compétitivité pour notre industrie qui en manque déjà.

L’avenir de nombreux secteurs industriels français est en jeu : ainsi, les industries du papier, de la chimie minérale, des fibres artificielles, des métaux non-ferreux et de la fonderie sont à la fois très énergivores et soumis à la concurrence internationale. Elles représentent 3,5% des emplois industriels actuels. L’examen des comptes sociaux industriels représentatifs de ces filières révèle que le prix de l’électricité constitue un des éléments majeurs de leur compétitivité.

 

Des destructions d’emplois en perspective

L’emploi et, ajoutée récemment, la compétitivité des filières industrielles françaises font partie des thèmes centraux du débat national sur la transition énergétique amorcé en novembre dernier. Ce qui précède montre qu’un avenir énergétique en rupture trop importante aurait un coût insupportable qui mettrait à mal la compétitivité de notre économie. Cependant, pour certains, souvent sans qu’ils étayent leur point de vue de la moindre analyse coût-bénéfice, la transition énergétique constitue a contrario une opportunité créatrice d’emplois et de filières d’avenir, ce qui suffirait à la justifier.

Le Centre d’Analyse Stratégique a certes montré que la création d’emplois directs liée au développement et à l’installation de parcs éoliens et photovoltaïques dans un scénario de sortie du nucléaire ferait plus que compenser les destructions d’emplois dans la filière électronucléaire. Mais en ce qui concerne l’impact sur l’économie dans son ensemble, les études montrent que la transition énergétique conduirait in fine à des destructions d’emplois en raison d’un double effet-prix, négatif sur l’économie : d’une part, la perte de pouvoir d’achat des ménages (augmentation de la facture d’électricité), d’autre part, la perte de compétitivité des entreprises. Si lors d’une première phase keynésienne (2010-2020), les investissements immédiats dans l’éolien, le photovoltaïque et les centrales thermiques généreraient des emplois directs en France, la perte d’emplois induits dominerait largement à horizon 2030. Ainsi, en amorçant une réduction de la part du nucléaire dans l’énergie produite, les effets de relance de l’investissement seraient contrebalancés dès 2020 par l’impact négatif sur l’emploi de l’augmentation des prix de l’électricité.

 

Un contre-modèle

Pour l’instant, l’Allemagne a réussi ce tour de force de faire rêver des activistes de l’environnement, tout en étant le plus gros émetteur de CO2 d’Europe, avec des émissions actuellement en hausse. Mais des points de vue critiques apparaissent, y compris en Allemagne. .Ainsi, le journal « die Welt » écrivait récemment: « nous avons, sans analyse ni planification préalable, englouti des milliards dans les niches technologiques les moins rentables. Ce n’est pas ainsi que se présente un modèle de politique énergétique digne de ce nom ».

Jean Syrota est l’ancien président de la commission énergie au Centre d’analyse stratégique. Etienne Beeker est économiste de l’énergie.

 

Voir aussi La transition énergétique à l'allemande critiquée, la France cherche son modèle (Le Monde, Anne Eveno et Gilles Paris, 25 mai 2013).

Deux jours après un rendez-vous des chefs d'Etat et de gouvernement européens consacré en partie à l'énergie et pauvre en résultats, le rapport de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) sur la stratégie allemande, publié vendredi 24 mai, met en évidence la primauté des choix nationaux, mais aussi leurs limites. Comment avoir la garantie d'une énergie propre et bon marché ? Cette ambition vertueuse de Berlin alimente les doutes de l'agence internationale qui n'en discute pas l'objectif, mais les modalités.

 

Rappel : Accumulation de CO2 : le collectif Sauvons le climat réagit et s'inquiète - 14 mai 2013

Sauvons le climat s'est prononcé en AG pour le réalisme énergétique - 15 avril 2013

Débat sur la transition énergétique pour une loi de programmation 2013 - 29 novembre 2012 

 

Cet article est le 72ème paru sur ce blog dans la catégorie Climat énergies environnement

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26 mai 2013 7 26 /05 /mai /2013 22:51

 

Il était un sage, constructif et apaisant, une référence

 

Le 1er mars, déséquilibré par les branches qu’il venait de tronçonner, Jean-Yves Griot était hospitalisé, gravement blessé. Le 1er mai 2013, il s’arrêtait de vivre. Le 4 mai, ses amis étaient nombreux autour de son épouse, Elisabeth, et de leurs enfants, à vouloir manifester leur peine de le voir ainsi quitter le monde des vivants, beaucoup trop tôt, à 70 ans.

Le grand nombre de témoignages était le signe de la diversité de ses engagements. Leur convergence sur le fond montrait la cohérence de ses idées. Cette dernière rencontre dans la salle des sports de la commune était particulièrement émouvante, en rapport direct avec ce qu’avait été Jean-Yves pendant sa vie.

 

La dernière fois que j’ai vu Jean-Yves Griot, le 12 février 2013 : il participait à Paris à la réunion de Mars, le Mouvement agricole et rural solidaire, en qualité de « discutant » après l’intervention de André Neveu sur le thème du développement du capitalisme en agriculture (voir André Neveu s'alarme de la pénétration du capitalisme en agriculture - 13 février 2013).

 

Il avait d’abord conseillé la lecture du livre « Vivre l’agro-révolution française » du journaliste Vincent Tardieu. Puis, il avait réagi à l’exposé de Neveu, considérant que celui-ci avait l’avantage d’alerter sur des réalités. Concernant le Brésil, il avait observé que, depuis l’arrivée au pouvoir de Lula, en 2003, l’agriculture exportatrice et l’agriculture familiale avaient été soutenues, ce qui était nouveau pour cette dernière, représentant 30 % des produits locaux.

Par ailleurs, il avait signalé les conclusions de l’étude de Nadège Garambois montrant l’intérêt des systèmes herbagers du Réseau agriculture durable (coût le plus faible) et, aussi, l’étude de l’INRA en relation avec le CEDAPA (méthode Pochon) en Bretagne sur la qualité de l’eau.

 

Commentaires dans la presse après le décès de Jean-Yves Griot

 

Jean-Yves Griot, paysan solidaire (Ouest-France, 18-19 mai 2013)

 

Il était le cofondateur et premier président du Résea agriculture durable (RAD) dans le Grand-Ouest.

« Il avait l’élégance des sages » ; « C’était un enragé de l’espoir » ; « Sa maison était ouverte à tous », ont dit de lui ses amis lorsqu’ils sont venus lui rendre hommage dans la salle omnisports du Genest-Saint-Isle (Mayenne). Jean-Yves Griot est décédé au matin du 1er mai des suites d’un accident de bûcheronnage.

C’est dans cette commune de Mayenne qu’il s’était installé, en 1977, après avoir travaillé dix ans comme ingénieur à l’Institut technique du porc. Jusqu’au bout, ce pionnier des réseaux d’agriculture durable aura porté le projet d’une agriculture à taille humaine, respectueuse de l’environnement.

Cofondateur du Réseau agriculture durable, adhérent à la Confédération paysanne, militant écologiste, il avait également participé au lancement du réseau Cohérence. « Il y a quinze ans, la bio était marginale, confiait-il en 2012. Aujourd’hui, c’est un créneau porteur. Mais doit-il être réservé à quelques-uns ? Toute l’agriculture est appelée à passer en bio ou à s’en rapprocher ». Lors de cette même intervention, il avait une fois encore exprimé son inquiétude sur les pesticides. Opposé aux importations de soja, Jean-Yves Griot défendait un modèle plus autonome sur son exploitation de 38 hectares qu’il avait cédée en 2003. « Un grand humain, à la fois humble, constructif et tenace », explique Jean-Marie Lusson.

Semeur d’espoir, il faisait partie de ces paysans dont les idées alimentent aujourd’hui les projets autour de l’agro-écologie. Une agriculture enracinée et ouverte sur le monde.

 

Jean-Yves Griot militait pour la “cohérence” sociale (L’avenir agricole, Frédéric Gérard, 10 mai 2013)

C’est un pédagogue de premier plan que viennent de perdre les réseaux altermondialistes et de dé­ve­lop­pement durable.

Jean-Yves Griot a été l’un des acteurs fondateurs du réseau agriculture durable (RAD, 1994), puis instigateur du réseau Cohérence­ (1997), auquel adhère une centaine d’associations de producteurs, consommateurs et environnementalistes du Grand-Ouest. 

Dès 1984, trois ans après la création du Cédapa d’André Pochon dans les Côtes-d’Armor, il lance l’Aldis (Action locale pour un développement solidaire), qui se veut une ONG mayennaise. Depuis, des liens perdurent entre agriculteurs de la Mayenne et de l’Ouest et des paysans brésiliens. Jean-Yves Griot s’était aussi investi dans la politique, et s’était notamment présenté aux Européennes en 2007, sous l’étiquette Europe-Ecologie -Les Verts. 

Jean-Yves Griot était éleveur laitier au Genest-Saint-Isle, associé à un autre militant de la première heure de la Confédération­ paysanne, Albert Ody. Ingénieur de formation, il a travaillé dix ans à Paris à l’Institut technique du porc, avant de s’installer en Mayenne, en 1977. 

En 2003, le natif du Massif-Central prend sa retraite et laisse l’exploitation à laquelle il avait adapté ses préceptes : une “taille humaine” (38 hectares) et la recherche de système fourrager autonome. Depuis sa formation au lycée agricole, il mettait en cause l’agriculture productiviste prônée à l’époque de façon forcenée par ses enseignants. 

Des combats­ qui le mèneront à s’opposer au recours massif du soja, rendant “dépendant” l’élevage européen du continent américain, à ses yeux.

Anti-OGM, il les dénonçait à travers les frontières, jusqu’au Brésil qu’il connaissait bien, où des paysans en recherche d’organisation collective étaient chassés de leurs terres par les grands propriétaires.

 

L'agriculture durable perd son Griot (Bretagne durable, Laurence Mermet, 8 mai 2013)

 

Jean-Yves Griot nous a quitté le 1er mai dernier. Agriculteur, pionnier de l’agriculture durable, syndicaliste à la Confédération paysanne, cheville ouvrière du réseau Agriculture Durable et du réseau breton Cohérence, cet homme tranquille et de conviction a non seulement remis en cause avec d’autres paysans et des personnes de la société civile l’agriculture productiviste industrielle du Grand Ouest, mais également proposé un autre modèle agricole, en faisant notamment la promotion du système herbager dans un souci d’autonomie de production. Ceux et celles qui ont eu le plaisir de le côtoyer saluent son engagement et son humanisme constants. Marié, père et grand-père, il avait 70 ans. Sa disparition suscite une vive émotion ainsi qu'une immense tristesse.

Originaire de la Loire, Jean-Yves Griot fut tout d'abord Ingénieur à l’Institut technique du porc à Paris durant 10 ans, puis éleveur laitier au Genest-Saint-Isle en Mayenne, de 1977 à 2003. En cohérence avec ses convictions, il a fait évoluer son système de production vers une agriculture plus autonome, plus économe et liée au sol. Avant de prendre sa retraite, il était ainsi dans un GAEC de 2 exploitants, sur une ferme de 38 ha, en système herbager développé au sein des groupes Agriculture durable.

Une vie militante pour un autre développement, durable et solidaire

Des premières activités militantes aux dernières, des premières responsabilités aux dernières, du local dans sa commune dont il était conseiller municipal à l’international, l'ampleur de l'engagement de ce chevalier de la Légion d’honneur est impressionnante. Jean-Yves Griot a activement oeuvré à la construction de deux réseaux associatifs accompagnant les agriculteurs à faire évoluer leur mode de production. Le Réseau Agriculture Durable, dont il fut le premier président. Le Réseau Cohérence dont il fut président puis secrétaire général, aux côtés de Jean-Claude Pierre. Il était aussi pilote de sa Commission Eau-Agriculture-Santé où il a mené un travail très patient et déterminé pour faire valoir une agriculture respectueuse du vivant. Ainsi, l'accompagnement d'éleveurs de porcs vers des exploitations à taille humaine, valorisant des systèmes durables, respectueux de l'environnement et des animaux (retour sur paille) par la voie d'une certification citoyenne participative, a été l'un de ses dossiers majeurs dont les enjeux restent cruciaux quant aux indispensables mutations de l'agriculture en Bretagne.

 

Voir aussi : Décès de Jean-Yves Griot (EELV, 3 mai 2013)

Décès de Jean-Yves Griot (EELV, Pays de la Loire, 8 mai 2013)

Jean-Yves Griot à l'AG du réseau Cohérence - Vidéo Dailymotion (25 mai 2012)

Cet article est le 31ème paru sur ce blog dans la catégorie Personnalités et célébrations

 

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25 mai 2013 6 25 /05 /mai /2013 22:40

L’ONG féminine veut mettre en avant la femme de Robert Tatin

 

Cette soirée aura lieu dans la chapelle du lycée Ambroise-Paré, rue du lycée, à Laval, mardi 28 mai 2013 à 20h (10 euros demandés à l’entrée pour soutenir l’association « Autisme Mayenne »). Nous en avons pris connaissance par cet article de Ouest-France, daté du 24 mai.

 

Rencontre avec Lise Tatin le temps d’une soirée

 

Trois questions à Nelly Hamon, présidente de l’association Inner Wheel.

 

Quel est le rôle de votre « club de femmes » Inner Wheel ?

 

C’est un mouvement associatif d’origine anglaise, créé en 1924 par des femmes, avec près de 100 000 bénévoles présentes dans 101 pays et regroupées en club. Le premier club français a vu le jour en 1950 à Valenciennes. Inner Wheel est la plus importante Organisation Non Gouvernementale (ONG) féminine dans le monde, reconnue par l’ONU et présente à Genève et à New-York dans toutes les commissions concernant les droits des enfants et des femmes, l’éducation et la famille.

Au niveau local, nous fêterons en 2014 notre 20ème anniversaire. Nous sommes 15 membres Inner Wheel et nous organisons des manifestations afin de collecter les fonds nécessaires à notre action de solidarité et aider différentes associations.

 

Pourquoi avoir fait le choix d’une conférence avec et autour de Lise Tatin ?

 

Nous avons fait le choix de recevoir Lise Tatin, mardi 28 mai, dans le magnifique cadre de la chapelle du lycée Ambroise-Paré, pour ce qu’elle représente, une femme hors du commun. Cette narratrice née viendra nous parler de sa vie de jeune provinciale arrivant à Paris, de sa rencontre avec Robert Tatin, de son rôle de femme auprès de l’artiste et de la création du musée Robert-Tatin.

 

Pourquoi reverser à l’association Autisme Mayenne l’intégralité des sommes récoltées lors de la soirée ?

 

Chaque présidente, élue pour une année, soutient une ou des associations caricatives de son choix. Nous avons pour but d’accompagner des actions de proximité, et, depuis deux ans, nous soutenons Autisme Mayenne. Ainsi la somme récoltée sera intégralement reversée à l’association et permettra, entre autres, d’aider les familles à suivre des formations, notamment celles consacrées à la fratrie.

 

Laval-Fevrier-Pierrick-Tatin-2013-6401-T.jpgBravo à cette association, dont j’ignorais l’existence, d’avoir eu l’idée d’inviter Lise Tatin, pour les raisons indiquées ci-dessus. C’est une femme hors du commun, qui a joué un rôle décisif dans l’existence du musée Robert-Tatin de Cossé-le-Vivien (photo : maison des "Illustres"). Voir, à ce sujet :

 

Comment est né le musée Tatin à Cossé-le-Vivien : Lise Tatin raconte - 12 mars 2013

Lise Tatin veut faire connaître l'ensemble de l'oeuvre de Robert Tatin - 10 mars 2013

Musée Robert Tatin : Lise Tatin souffre de l'attitude de la municipalité - 21 février 2013 

Robert Tatin, auteur du musée de Cossé-le-Vivien, artiste hors dogmes - 20 juillet 2012

Le musée Robert Tatin à Cossé-le-Vivien est une oeuvre à part entière - 1 janvier 2012 

Voir aussi cette vidéo (France 3 Ouest) fort intéressante : Le musée Tatin à Cossé-le-Vivien

La personne qui m’a signalé cette vidéo est une admiratrice de Lise Tatin. Elle m’a indiqué, notamment, ceci : 

Tatin et Lise n'auraient jamais dû être séparés de la réalisation de cette oeuvre monumentale qu'ils ont créée; Liseron n'aurait jamais dû avoir à quitter leur maison, ni laisser sa clé derrière elle. Si Tatin avait la tête de la créativité, Lise en était en très grande partie les bras et j'ai des photos qui le prouvent; non seulement ça, mais mon frère et moi avons travaillé à leurs côtés et croyez moi, Lise n'était pas la dernière à la construction.

 

Cet article est le 20ème paru sur ce blog dans la catégorie Culture langue medias histoire

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24 mai 2013 5 24 /05 /mai /2013 22:52

L’agriculture, coincée entre les industriels et les marchés

 

Les décisions de politique agricole sont prises à Bruxelles et à Strasbourg (co-décision des Etats et du Parlement européen). Dans des articles récents, L'Avenir Agricole (journal hebdomadaire des Pays de la Loire) donne la parole à deux acteurs importants qui suivent les questions agricoles au Parlement européen.

 

Debat-Europe-Laval-301012-005-T1.jpgPatrick LE HYARIC est député, vice-président du « Groupe confédéral de la Gauche unitaire européenne », membre suppléant de la Commission « Agriculture et développement rural ». Par ailleurs, il est élu local (PCF, Front de Gauche) et directeur du journal « L’Humanité ».

Il a un blog (voir Patrick Le Hyaric) et continue d’écrire des éditoriaux du journal « La Terre » qu’il a dirigé (voir Alerte lait, 14 mai 2013).

Dans l’édition du 17 mai 2013 de L’avenir agricole, Patrick Le Hyaric (Wikipédia) s’est exprimé sous la rubrique « Champ libre » (dernière page), la plume étant tenue par Frédéric Gérard, journaliste. 

 

Il faut trouver le moyen de préserver les exploitations familiales

 

Son nom a circulé lors de la composition du Gouvernement Ayrault, en mai 2012. Mais un élu (La Courneuve) du Parti communiste français pouvait-il siéger rue de Varenne? Patrick Le Hyaric ne se montre pas rancunier. Il trouve même que majorer les aides Pac sur les 50 premiers hectares est “une très bonne idée” de la part du ministre français mais “difficile à faire passer”. Il se dit aussi "plutôt d'accord" avec Stéphane Le Foll sur le fait de “faire évoluer les moyens de production”. “Cela peut contribuer à diminuer les coûts de production, et aussi, à rendre plus autonomes les agriculteurs de l'amont et de l'aval, c'est-à-dire des firmes de la chimie et de l'agroalimentaire”. Et de renvoyer à l'actualité: “Il y a actuellement un débat sur les pesticides, c'est sérieux: médecins et justice commencent à reconnaître que les agriculteurs sont les premières victimes de l'utilisation intensive de la chimie dans l'agriculture”. En mars, un céréalier de Meurthe-et-Moselle a vu la justice reconnaître son cancer du sang comme la conséquence d'un manque d'informations sur la composition de phytos contenant benzène et toluène; un précédent avait eu lieu avec un agriculteur de Charente; Bruxelles a retiré trois substances (les néonicotinoïdes) pour leurs effets néfastes sur les pollinisateurs. A ses yeux, tout ceci fait partie d'un “ensemble” face auquel “producteurs et consommateurs sont désarmés”: “Un système agro-industriel”.

 

Pour un prix minimum garanti

Patrick Le Hyaric apprécie également les positions et le travail du commissaire Dacian Ciolos même s’“il devra agir en-deçà de ses propositions” quant au verdissement de la Pac. Il espère encore un prix de base garanti au producteur. “C'est toujours le même débat: on nous dit que c'est impossible à appliquer par rapport à l'ouverture des marchés. Mais ce système est mortifère. C'est comme les OGM: nous n'en produisons pas mais on autorise leurs importations, il y a quelque chose qui ne va pas! Il faut pourtant trouver le moyen de préserver les exploitations familiales en France et en Europe. Le moyen, c'est le prix minima, un peu comme il existait dans le temps avec l'Office du blé ou les quotas sucriers.”

 

L'autonomie par les jeunes

Comme le montre le plafonnement des aides à “seulement” 300 000 euros, l'Europe ne fait rien pour écarter la Pac de “la libéralisation à outrance” ou de “l'ultralibéralisme”. Mais il y a urgence: “Moins de 6% des agriculteurs européens ont moins de 35 ans!” Pourtant, “aucun effort n'est mis pour l'installation”. Le député européen appelle de se vœux “un système à la fois national et européen pour influencer davantage l'accompagnement des jeunes en agriculture”. Une idée qui ne fera peut-être pas d'émules: le nouveau rôle de “co-législateur” du Parlement européen est en effet “trop limité”, juge-t-il, pour permettre aux députés d'agir.

 

Jacques Loyau est attaché parlementaire à Bruxelles, actuellement auprès de Eric Andrieu (PS), après avoir travaillé avec Georges Garot, puis Stéphane Le Foll, actuel ministre de l’agriculture. Dans l’édition du 24 mai 2013 de L’avenir agricole (rubrique Champ libre), il répond aux questions de Antoine Humeau, journaliste.

            Le monde agricole a réussi à faire entendre ses propositions, pour la PAC ?

Pour être efficace, il ne faut pas seulement être contre. Il faut aussi proposer. Je trouve inquiétant que le Copa, qui rassemble tous les syndicats agricoles européens majoritaires, dise toujours « non » et ne propose rien. Les agriculteurs ne pensent pas assez européen. Ils ne prennent pas assez leur place dans la démocratie. L’avenir de l’agriculture et la reconnaissance du monde agricole doit commencer en sortant des corporatismes. Le Copa-Cogeca est dominé par des grandes productions et les petites productions sont peu représentées. On sent qu’il y a de fortes tensions au sein des syndicats. Les instances dites représentatives ne représentent plus grand-chose aujourd’hui. On a besoin de contre-pouvoirs, sinon dans les campagnes, ensuite, cela provoque des tensions, des réactions très vives. Et, pour cela, il faut proposer.

Avec Stéphane Le Foll, nous avons créé un « think tank », le groupe Saint-Germain, pour repenser l’agriculture, redessiner des idées pour l’avenir. C’était l’occasion de montrer que l’agriculture a un rôle à jouer, face au réchauffement climatique. Nous avons fait un rapport d’initiative pour ouvrir le débat, et cela a pas mal réussi, puisqu’il a été repris par le Parlement européen.

La France a-t-elle une grande influence au niveau européen en matière agricole ?

Avec l’élargissement de l’Union européenne, elle a eu tendance à perdre un peu pied. On est entre le Nord et le Sud, on est aujourd’hui un peu les conciliateurs dans les discussions.

La future PAC va-t-elle accompagner positivement les mutations de l’agriculture ?

De l’argent va être mis dans la recherche, la diversification de l’agriculture, car il faut changer la manière d eproduire. En terme s de rééquilibrage, de redistribution des aides, cette réforme offre beaucoup de choses et apporte plus d’équité. Ensuite, en manière économique, cette Pac doit faire en sorte que l’on puisse avoir des outils pour réguler les marchés par filière. Il faut donc renforcer les interprofessions, et faire en sorte que les agriculteurs aient un pouvoir de décision plus important, que la valeur ajoutée soit mieux répartie.

A quoi ressemblera une exploitation laitière après 2015 ?

Il y a aura différents modèles. Il faudra sans doute penser plus collectivement, avec des assolements en commun par exemple. Des agriculteurs resteront sur des marchés locaux, car le maintien passe par la reterritorialisation. Certaines régions auront du mal à maintenir les actifs. Il faudra aussi se diversifier  avec de la production d’énergie par exemple. Il y a une absolue nécessité de remettre un peu de collectif sur les territoires. Le monde agricole a besoin de se décorporiser.

Cet article est le 393ème publié sur ce blog dans la catégorie AGRICULTURE et PAC.

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23 mai 2013 4 23 /05 /mai /2013 21:33

La France est exportatrice de matières premières agricoles

 

La question de l’efficacité du système productif agricole français n’a jamais été traitée à fond. C’est la comparaison avec l’Allemagne qui oblige à voir la réalité en face. Ce n’est pas par hasard que Lucien Bourgeois, économiste, membre de l’Académie d’Agriculture de France, a intitulé sa contribution « L’agriculture française et le syndrome allemand ». Ce texte a été publié dans La Revue politique et parlementaire (janvier-mars 2013).

 

Colloque agriculture Res Publica 71111 151 TVoir aussi Agriculture : L Bourgeois compare l'histoire de la France et de l'Allemagne - 21 mai 2013 (dernière partie) et MARS : débat sur les marges de manoeuvre pour la France dans la PAC - 22 mai 2013 (1ère partie). 

 

Voici la 3ème partie (médiane) de ce texte, qui présente les forces et faiblesses de l’agriculture française en Europe, dans le cadre de l’évolution de la Politique Agricole Commune (PAC).

 

Les limites de la PAC réformée en 1992

Depuis 1992, l’UE a changé de politique agricole. L’objectif était d’accélérer la baisse des prix agricoles pour diminuer puis supprimer la différence antérieure entre le prix du marché européen et les prix observés sur les marchés mondiaux. Pour éviter les chutes du revenu agricole, des aides directes ont été accordées. Elles permettent de compenser les différences de contraintes de production.

L’avantage incontestable de cette nouvelle politique a été de stabiliser les dépenses budgétaires au même niveau qu’en 1994.

Cela fait maintenant trente ans que le budget européen pour l’agriculture n’a pas augmenté.

Comme le budget total a progressé dans cette période, la part des dépenses agricoles est passée de 70 % à 40 % du total. Le moyen le plus simple de mesurer l’effort collectif est de calculer les dépenses agricoles en points du PIB européen. En trente ans, les dépenses agricoles sont passées de 0,6 % à 0,4 % du PIB total de l’UE à 27. Mais ce point positif sur le budget doit être relativisé par des évolutions préoccupantes de certains indicateurs. Cette politique a eu pour résultat une pression à la baisse sur les prix agricoles qui a duré jusqu’en 2007. Cela a été un des éléments du déclenchement de la crise alimentaire de 2008 avec l’irruption de la demande de maïs pour la fabrication d’éthanol aux États-Unis et la décision de supprimer les stocks stratégiques dans l’UE et aux USA. Depuis 2007, la volatilité des prix s’est très sensiblement accrue et a entraîné des variations très heurtées du revenu agricole. Les aides dites « découplées » sont par définition sans rapport avec les prix des produits. Ces aides sont donc insuffisantes pour assurer le revenu quand les prix des produits agricoles sont bas comme en 2009 et superfétatoires pour certains producteurs quand les prix des céréales atteignent des niveaux historiques très élevés comme en 2011 et 2012. La politique d’aides directes a facilité le financement des investissements agricoles.

Leur part dans le revenu agricole s’est accrue notablement. Elle constituait le tiers du revenu brut au début des années 80. Elle en constitue quelquefois la moitié dans les années récentes. Le revenu net diminue donc rapidement au point qu’en 2009, il est devenu inférieur aux aides. Une telle situation n’est guère durable. Or les tendances actuelles vont dans cette direction. On peut difficilement imaginer un système dans lequel les aides directes soient durablement supérieures aux revenus. D’autant que la plupart des États européens devront faire des économies budgétaires pour faire face à l’endettement public excessif.

Par ailleurs, il faudra trouver des solutions pour freiner la croissance rapide du chômage. Est-il opportun de continuer à encourager l’agrandissement des exploitations par la distribution d’aides de l’État à l’ha (DPU) alors que désormais la part de l’emploi agricole est tombée en France à des niveaux parmi les plus bas du monde ?

 

Un excédent record du commerce extérieur depuis deux ans

Depuis les années 70, la France est devenue un pays exportateur net de produits agroalimentaires.

Dans les années 2000, l’excédent restait aux environs de 8 Mrd par an. En 2009, cet excédent est tombé à 5 Mrd €. Mais la situation s’est redressée en 2010 en retrouvant le niveau antérieur. Qui plus est, l’excédent a fait un bond de 45 % en 2011 pour atteindre près de 12 Mrd €. Les résultats 2012 viennent de confirmer ce résultat avec une petite hausse qui en fait un nouveau record historique. Il se confirme donc que le mauvais résultat de 2009 a été un accident conjoncturel dû en grande partie à l’effondrement du commerce mondial après la crise financière avec en particulier une forte baisse des achats de vins et boissons sur les marchés d’Amérique et d’Asie.

Cela confirme que l’agroalimentaire reste incontestablement une valeur sûre des exportations françaises. C’est le deuxième excédent après l’aéronautique (+ 20 Mrd € en 2012).

Ces performances dans l’aéronautique et l’agroalimentaire sont bien utiles pour limiter le déficit global de la balance commerciale. En 2012, ce dernier a légèrement régressé mais il atteint néanmoins 67 Mrd €. C’est moins mal qu’en 2011 (74) mais un tel niveau parait difficilement durable sans que cela n’affecte la valeur de la monnaie.

 

L’atout majeur des vins et boissons

Le secteur phare de l’agroalimentaire français est le secteur des vins et boissons. Son excédent annuel est bien souvent égal à l’excédent total de l’agroalimentaire. En 2012, il représente 10,84 Mrd € sur un total de 11,9. Hors vins et boissons, l’excédent agroalimentaire français serait presque inexistant ! Rappelons que ce secteur n’est pas concerné par les aides directes de la

PAC. On ne compte plus les études alarmistes sur le manque de compétitivité de la viticulture française. La majeure partie de ces études font des comparaisons en hectolitres et oublient que l’élément prix est essentiel pour la valeur ajoutée. Or, la France a un quasi monopole mondial sur les vins de qualité. La diversité des appellations et des centres de décision est souvent critiquée mais les bons résultats à l’exportation montrent que cette diversité peut aussi être un atout quand elle s’appuie sur des interprofessions efficaces. Celle du Champagne est un exemple emblématique des possibilités de création de valeur ajoutée et de répartition adéquate entre les acteurs économiques.

Mais on pourrait aussi citer l’exemple de la filière Cognac dont la très grande majorité de la production est exportée en Asie et en Amérique du Nord. Sur les marchés mondiaux, la suprématie de ce secteur est très nette. Le solde « vins et boissons » est de 7,2 Mrd. C’est plus que le solde total et 5 Mrd de plus que pour les céréales.

 

Sur les marchés mondiaux, très peu de céréales françaises

Et pourtant le solde positif des céréales reste important avec 6,2 Mrd € en 2012. Mais les deux tiers de ce résultat sont réalisés sur nos partenaires de l’UE. Cela nous amène à relativiser les idées toutes faites à ce sujet.

L’excédent 2012, pour les céréales vendues sur Pays tiers, n’est que de 2,2 M€ alors que les prix n’ont jamais été aussi élevés. Comme les céréales servent surtout à l’alimentation animale, il faudrait déduire les importations de soja et produits végétaux divers. En fait le solde positif des produits végétaux de grandes cultures ne dépasse pas les 2 Mrd € sur les marchés mondiaux. C’est une performance désormais inférieure à celle des produits animaux (produits laitiers, viandes et animaux vivants) dont la balance positive est de 2,2 Mrd €.

 

La carte prometteuse des produits laitiers

Il y a d’autres secteurs excédentaires. Signalons en particulier celui des produits laitiers dont les exportations ont presque rattrapé celles des céréales avec 6,1 Mrd € contre 6,9. Mais comme les importations sont plus importantes, le solde positif des produits laitiers est inférieur de moitié à celui des céréales. L’excédent atteint 3,1 Mrd € en 2012 et se répartit à moitié sur l’UE et sur les pays tiers.

Le secteur du sucre dégage aussi un excédent important de 1,5M€ dont l’essentiel (80 %) est réalisé sur nos partenaires de l’UE.

Mais il y a aussi des postes très déficitaires.

Le poste « poissons et crustacés » connaît un déficit croissant (-2,5 Mrd en 2012). Le poste « fruits » a désormais un déficit de 2 Mrd € suivi par le déficit « café cacao » (1,6 M€)

 

Dans l’UE, la France vend ses céréales et ses animaux vivants

Dans nos échanges avec l’UE, l’excédent le plus important est celui des céréales avec 4 Mrd auquel il faut ajouter les produits de minoterie et les oléagineux soit plus de 5 Mrd € pour le secteur des grandes cultures. Si l’on ajoute à cela un excédent de 1,2 Mrd € sur les animaux vivants, on voit clairement que la France s’est spécialisée sur la fourniture de matières premières au reste de l’Europe.

Cela nous revient en produits transformés avec un déficit croissant sur les viandes (1,2 Mrd € en 2010 et 1,6 en 2012). Il faudrait y ajouter les préparations de viandes soit au total un déficit d’environ 2 M€.

Cet examen détaillé des résultats de notre commerce extérieur agroalimentaire de l’année 2012 montre que la France dispose de nombreux atouts. Mais pour les valoriser, il convient de réfléchir aux stratégies les plus pertinentes pour l’avenir. Il est alors utile de mieux comprendre la peur récente de la concurrence allemande.

 

Le déficit agroalimentaire allemand augmente et atteint 13 Mrd € en 2011

Les inquiétudes sur la pérennité de notre excédent extérieur agroalimentaire a été au centre des préoccupations depuis la chute de l’excédent observée en 2009. En effet, au moment où nous connaissions des difficultés, l’Allemagne a augmenté ses exportations de produits agroalimentaires au point de dépasser la France en parts de marché. En 2011, les exportations allemandes ont été de 56 Mrd € contre 55 pour la France. La différence en faveur de l’Allemagne est surtout le fait des produits transformés (46 Mrd contre 40 pour la France). En revanche, pour les produits agricoles bruts, la France reste en tête avec 15 Mrd contre 10. Les progrès allemands sont parfaitement visibles sur les marchés français dans le secteur des viandes et celui des produits laitiers. Une chose est sure, l’excédent agroalimentaire français sur l’Allemagne a fortement diminué depuis 2007.

Cette situation nouvelle réveille un sentiment d’infériorité par rapport aux performances économiques de ce pays en particulier dans le domaine du commerce extérieur.

Ce sentiment est si profond que l’on a souvent oublié de regarder aussi les importations.

De fait, malgré ces bonnes performances à l’export, ce pays continue à être déficitaire de 13,3 Mrd € en 2011. De plus, ce dernier a augmenté ces dernières années. Force est de constater que la plus grande agressivité de notre voisin dans le domaine agroalimentaire n’a pas changé radicalement la situation antérieure de l’Allemagne sur le plan alimentaire.

Ceci étant, il est curieux que cette inquiétude sur les performances exportatrices de la France ne se soit manifestée que récemment. Cela fait plus de quarante ans que les Pays-Bas obtiennent des résultats meilleurs que ceux de la France alors qu’ils disposent d’un territoire agricole restreint. En 2011, leur excédent agroalimentaire a été de près de 25 Mrd €. Il aura fallu attendre les récentes performances allemandes pour qu’on se pose enfin des questions sur l’efficacité de notre système productif agricole.  

Cet article est le 392ème publié sur ce blog dans la catégorie AGRICULTURE et PAC.

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